November 16, 2018

A la vie à la mort, de Colette Mc Beth

Adolescentes, 9782266259774Rachel et Clara se sont  »trouvées ». Rachel, fraîchement débarquée à Brighton, après des années d’errance avec une mère instable. Rachel, timide, trop grosse, peu sûre d’elle, souffre-douleur des élèves de la classe. Rachel qui a enfin trouvé une amie, une alliée, presque une soeur. A l’opposé, Clara. Clara, élevée par un père aimant. Clara, belle, resplendissante, admirée de tous. Différentes mais unies par une amitié qu’elles se sont jurée éternelle.
Dix ans plus tard, les choses ont bien changé. A l’approche de la trentaine, Rachel est une femme heureuse. Elle est follement amoureuse de son compagnon, vit à Londres et fait une brillante carrière de journaliste à la télévision. Ses liens avec Clara, absente pendant six ans, se sont distendus mais elle fait tout pour retrouver la complicité d’autrefois depuis le retour de la jeune femme à Brighton. Aussi est-elle effondrée lorsque, appelée dans sa ville pour un reportage sur une disparition inquiétante, elle découvre que la femme activement recherchée n’est autre que sa meilleure amie.

Bilan mitigé après la lecture de ce thriller psychologique décrit comme  »glaçant » par sa quatrième de couverture. Le mot est un peu fort pour ce qui n’est, somme toute, qu’une bluette mâtinée d’angoisse sur les amitiés adolescentes. Durant cette période de la vie où l’on se construit, les sentiments exacerbés penchent vers les extrêmes. Les amitiés sont fortes, exclusives et volontiers éternelles. Plus tard, si les liens ont perduré, ils ne sont plus qu’une réminiscence d’une époque révolue. Il en va de même pour les deux héroïnes de ce roman. Bien sûr, elles ont vécu des moments de grâce, des drames aussi, mais dix ans plus tard, que reste-t-il de cette relation qui leur semblait si vitale ? En grandissant, elles se posent des questions. Cette amie dont j’avais tant besoin ne vampirisait-elle pas ma vie ? En me manipulant ? En décidant de tout à ma place ? Défiance, manipulation, vengeance, les retrouvailles des deux amies sombrent dans l’angoisse. Et l’auteure mène bien sa barque, embarquant son lecteur dans une série de retournements de situation qui interroge, inquiète, chamboule. On ne sait plus qui est la gentille, qui est la méchante, qui manipule qui, qui est en danger.

Malheureusement, cette montée en tension est grandement gâchée par le style de Colette McBeth qui semble plus adapté au roman à l’eau de rose qu’au thriller psychologique. Au bout de quelques pages, on ne compte plus les  »ton sourire resplendissant », les  »tu resplendissais », les  »tes yeux étaient plus beaux que jamais » et autres descriptions gnangnantissimes de ses belles héroïnes.

Stop aux clichés ! Stop aux redondances ! Oui à plus d’action et oui à l’achat d’un dictionnaire des synonymes pour que l’écriture cesse de  »resplendir » de pauvreté.

Petite déception donc, mais A la vie, à la mort reste un page-turner qui se défend bien et ménage suffisamment le suspense pour susciter l’intérêt. Peut mieux faire.

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