May 22, 2018

Alice, De l’autre côté du miroir avec Johnny Depp, Mia Wasikowska

Adapter un grand classique de la littérature est un exercice bien périlleux, cela consiste en quelque sorte à marcher sur des œufs car les choix scénaristiques ne trouvent que rarement un écho satisfaisant auprès des plus puristes.

Cet opus est donc la suite d’Alice au Pays des Merveilles, sorti en 2010. Après quelques années de navigation et d’exploration en Chine, Alice revient à Londres. La jeune fille est devenue une femme affirmée et indépendante, bien loin des conventions sociales imposées par l’Angleterre victorienne du XIX siècle. A peine le temps de goûter à l’ennui des fêtes mondaines et à l’étroitesse d’esprit de ses contemporains que la voilà une nouvelle fois happée par le pays des merveilles. Tous ses amis sont là et l’attendent depuis bien longtemps pour venir en aide au Chapelier fou qui n’est plus vraiment lui-même. Persuadé que sa famille a survécu à l’attaque du Jabberwocky, il s’obstine à croire qu’ils sont toujours en vie quelque part et demande à Alice de les retrouver. Celle-ci dérobe alors la chronosphère au maître du temps pour retourner dans le passé et sauver la famille du Chapelier d’un bien sombre dessein.

L’interprétation très libre de De l’autre côté du miroir doit attribuer sa paternité à Disney plutôt qu’à Lewis Carroll, le scénario étant très éloigné de l’ouvrage. On survole très brièvement certains passages qui s’apparentent davantage à un clin d’oeil à l’oeuvre originale qu’à une véritable retranscription.

Ce second volet d’Alice s’inscrit clairement dans la veine du premier. Bien que Tim Burton ait troqué sa casquette de réalisateur par celle de producteur, sa patte artistique reste sans conteste l’élément clé de cette adaptation. La première version réalisée en 2010 avait été un très grand succès commercial mais vivement critiquée, considérée par beaucoup comme une véritable croûte cinématographique.

Qu’en est-il de ce nouvel opus?

L’univers loufoque et bigarré sert de prétexte et de contexte à un scénario manquant d’originalité. Le voyage dans le temps a été maintes fois utilisé, mais permet néanmoins de découvrir un nouveau pan de la vie des personnages, une représentation fantasmée mais intéressante. Des thèmes simples sont abordés tels le féminisme, la famille ou l’importance du temps toujours traités avec dérision et légèreté.

Chacun rempile avec brio son rôle, de la vaillante Alice (Mia Wasikowska), au délirant et poétique Chapelier Fou (Johnny Depp), de l’ombrageuse Reine Rouge (Helena Bonham Carter) ou de la grandiloquente Reine Blanche (Anne Hathaway) et de ses fidèles acolytes. Un petit nouveau vient compléter ce casting, le maître du temps (Sasha Baron Cohen) un brin autoritaire et éperdument amoureux de la Reine Rouge. Il nous livre enfin un rôle digne de ce nom.

Le réalisateur James Bobin, (Muppets most wanted) signe sa deuxième collaboration avec Disney, mais son nom ne marquera guère les esprits car le spectre de Tim Burton rôde toujours. Nul doute que l’esthétique et la mise en scène restent avant tout très « burtoniennes ».

 

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