Bahamas, braquage (et fourberie) de haut vol

Certains jeux permettent d’insuffler une joyeuse et ludique ambiance dans une soirée. D’autres permettent d’insuffler une joyeuse et ludique ambiance dans une soirée ET de poignarder dans le dos et sans remords tous ses amis. Incontestablement, Bahamas fait partie de la seconde catégorie et c’est une excellente chose tant la trahison est savoureuse quand elle mène à la victoire. C’est tout nouveau (ça sort demain) et c’est signé Matagot.

Harnaché dans le coucou bringuebalant qui vous mène sur une île paradisiaque, vous pouvez presque déjà sentir le sable fin entre vos orteils et le goût d’une Margarita sur vos lèvres. D’un œil distrait, vous contemplez les sacs posés à vos pieds et les liasses de billets qui en débordent. De mémoire de braqueur, c’était le coup le plus facile jamais réalisé. Un plan bien rôdé, des partenaires efficaces, … vous et vos compères allez enfin pouvoir raccrocher les flingues pour profiter d’une vie d’oisiveté fortunée. Vous en êtes là de vos réflexions quand tout a coup, le moteur de l’avion se met à tousser. Quelques nuages de fumée noire et un vent de panique plus tard, il est l’heure de sauter dans le vide. Tout en recomptant les parachutes d’un air résigné, vous posez discrètement la main sur la crosse de votre arme…

Pas de code d’honneur entre braqueurs

Dans Bahamas, vous incarnez donc un braqueur qui va tout faire pour terminer la partie avec un parachute sur le dos et avec le plus gros sac d’argent possible entre les mains. Pour débuter, chaque joueur va piocher un personnage au hasard et recevoir deux cartes Butin, une carte Action et une carte de départ (c’est-à-dire pour ces dernières un parachute, un faux parachute ou un badge du FBI). Ensuite la partie commence et un premier joueur va lancer les dés et sélectionner dans les résultats obtenus la face qui lui convient. Il pourra s’agir de piocher une carte Butin ou Action, d’en voler une à un autre joueur ou d’activer le pouvoir spécial de son personnage. Une fois le choix effectué et l’action du dé réalisée, il invite un joueur ne possédant pas encore de dé devant lui à choisir une des faces restantes et ainsi de suite. Bien évidemment, plus le paquet de cartes Action s’amenuise, plus grandes sont les chances de voir arriver l’inéluctable moment du crash qui sonnera le glas pour qui ne détient pas de parachute (ou de canot de sauvetage).

Vous l’aurez compris, tout le sel de Bahamas réside dans les (sournoises) interactions entre joueurs. Les différentes cartes Action vont vous permettre à tout moment de semer le chaos dans l’évacuation de l’avion en vous offrant la possibilité de piquer des cartes à vos voisins, de changer la face du dé que l’un d’eux s’apprête à jouer, de jouer à sa place, … On en passe et des plus fourbes.

Bahamas se révèle donc un jeu dynamique, sans aucun temps mort, et pourvu d’une certaine tension (encore rehaussée par la possibilité qu’un joueur s’identifie subitement comme un agent du FBI, synonyme de victoire immédiate). Il est aussi très joliment illustré et proposé à un prix défiant toute concurrence (même si trahir ses amis, ça n’a pas de prix).

Bref, délicieusement fourbe, Bahamas saura mettre l’ambiance autour de votre table et l’animera en trahisons et autres coups de bluff. Nous, il nous a autant conquis qu’il ne nous a coûté d’amitiés !

Bahamas, un jeu de Nicolas Normandon, illustré par Pierô et édité par Matagot.

Nombre de joueurs : 4 à 8

Âge : dès 10 ans

Durée moyenne d’une partie : 30 minutes

Acheter Bahamas : 13,50 €

 

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