Après avoir égayé nos soirées avec un jeu de mots très malin, Blue Orange nous plonge dans une ambiance radicalement différente : les rêves de gloire cupides et mégalomaniaques d’un Seigneur Maléfique. Armez vos gobelins, ça va chatouiller de l’épée !

C’est décidé, vous allez dominer le monde ou à défaut du monde, au moins le classement des seigneurs maléfiques assis sur le plus gros tas d’or. Pour atteindre votre objectif de vie, vous ne reculerez devant rien et vous prévoyez donc de piller tant le royaume des humains que les châteaux dans lesquels se calfeutrent vos pathétiques concurrents. Bien conscient que vous n’y arriverez pas seul (en dépit de votre intelligence supérieure), vous décidez de réunir une armée de gobelins et autres monstres. Seulement voilà, aussi efficaces soient-elles, ces créatures sont aussi terriblement fainéantes et entre monstres d’attaque et monstres de récolte, il vous faudra faire des choix. Après tout, comme vous l’a toujours dit votre méchante mais adorée maman, on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et la tête de la crémière…

Danse petit dé ensorcelé…

Dans Bellum Magica, chaque joueur incarne donc un seigneur maléfique qui va tenter de réunir une armée capable de lui faire gagner un maximum d’or. Concrètement, chaque joueur dispose d’un plateau château muni sur la gauche de six cases destinées à la récolte de ressources et sur la droite de six cases destinées à l’attaque. Au fur et à mesure du jeu, les joueurs vont venir placer chacune des créatures qu’ils recruteront sur l’un ou sur l’autre de ces deux côtés (augmentant donc leur capacité de récolte ou leur force d’attaque). A chaque début de tour, le joueur actif lance un dé et chaque joueur prend les ressources indiquées sur les cases correspondantes de son château et des créatures qu’il a placées sur le côté gauche de son plateau. Ces ressources serviront à recruter de nouveaux monstres en fin de tour. Ensuite, lors de la phase d’attaque, chaque joueur va compter les épées présentes sur les cases correspondantes du côté droit de son château et va se livrer au pillage éhonté des bâtiments humains ou des châteaux adverses.

Et c’est tout ? Oui et non. Dans sa mécanique, Bellum Magica est aussi simple que ça mais plusieurs petits éléments viennent diversifier et enrichir le jeu. Il y a notamment les cartes au trésor (permettant au joueur qui en a le plus pour le tour de s’emparer d’un coffre) mais aussi les sorts de confusion ou les tonneaux de bière servant à enivrer le joueur actif pour qu’il relance le dé…

Alors ? Plutôt une armée de fourmis travailleuses ou une armée d’abeilles tueuses ?

Tout l’intérêt de Bellum Magica réside principalement dans le dilemme consistant à choisir quelle tâche vous allez confier à la créature que vous venez de recruter. Vous pourrez tenter de gagner vite (et bien) de nombreuses ressources afin de recruter des créatures puissantes mais vous pourriez aussi tout miser sur des attaques éclairs, une forme de Blitzkrieg Bellum Magicienne, afin de réunir au plus vite les dix coffres sonnant la fin de la partie. Gageons que la plupart d’entre vous tenteront un subtil équilibre entre les deux.

Les quelques petits twists (relance de dés, attaque de châteaux adverses, épées magiques, etc.) viennent pimenter la partie. Ils créent de l’interaction entre les joueurs et permettent d’équilibrer le jeu. Il est en effet toujours judicieux de dépenser un tonneau pour ne pas offrir un tirage trop avantageux à un autre joueur (ou mieux encore, laisser un adversaire dépenser le sien et profiter de la relance). De même, si un joueur se rapproche trop (ou trop vite) de la victoire, il est très possible que son château se retrouve quasiment assiégé par les épées et les voleurs de ses adversaires. Celui-là pourrait donc bien voir sa réserve de coffres fondre comme neige au soleil…

Des escarmouches rapides et toujours agréables

Nous l’avons dit, les différentes mécaniques annexes permettent d’équilibrer les parties. Néanmoins, dans Bellum Magica, les joueurs ne sont jamais à l’abri que le dé favorise fortement l’un d’eux (en dépit des relances) et que celui-là prenne dès lors une avance qu’il sera difficile de rattraper. Cela dit, ce bémol survient principalement lors des parties à deux joueurs (le jeu gagne d’ailleurs à être joué à 4 ou à 5) et puis, vu le rythme rapide des parties, le calvaire de celui qui est distancé n’est jamais très long (et la revanche n’en est que plus savoureuse).

En conclusion, Bellum Magica séduit par le rythme qu’il imprime aux parties, par les interactions entre les joueurs et par son accessibilité (même s’il demande un peu de réflexion dans le choix des assignations des créatures). Il est un jeu d’escarmouches toujours tendu et jamais dénué de quelques vols crapuleux dans les salles aux trésors concurrentes. Enfin, il est très bien servi par des illustrations collant parfaitement à son thème et par un matériel de belle qualité.

Bellum Magica, un jeu de Frédéric Guérard, illustré par Sylvain Aublin et édité par Blue Orange.

Nombre de joueurs : 2 à 5

Âge : dès 10 ans

Durée moyenne d’une partie : 30 minutes

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