May 22, 2018

Crimson Peak, de Guillermo Del Toro

Alors qu’elle est encore une petite fille, Edith Cushing ( Mia Wasikowska) perd sa mère des suites d’une maladie. Le fantôme de cette dernière rend visite à Edith pou la prévenir d’un danger: se tenir éloigner de Crimson Peak. Les années passent, la petite fille devient une femme romantique aspirante écrivaine, occupant la plupart de son temps à l’écriture et à son travail au cabinet de son père Carter Cushing (Jim Beaver). Un jour un certain Sir Thomas Sharpe (Tom Hiddleston), séduisant Baronnet anglais, se présente au cabinet afin d’y soumettre son projet et lever un fond d’investissement. Sa démarche échoue partiellement car bien que Carter Cushing ne voit en lui qu’un opportuniste, Edith succombe au charme du bel inconnu. Malgré les vaines tentatives de son père pour éconduire Sir Sharpe, Edith se marie et part vivre en Angleterre auprès de son mari et de son énigmatique sœur Lady Lucille au manoir de…Crimson Peak.

J’avoue d’emblée que mes attentes n’ont pas été satisfaites. Le nom de Guillermo Del Toro (Le Labyrinthe de Pan, L’Orphelinat) suffit en général à piquer ma curiosité, à titiller les tréfonds de ma cavité crânienne car cela annonce un film truffé d’éléments horrifiques,  d’une esthétique soignée aux petits oignons et d’un scénario original.

Je ne considère guère Crimson Peak comme un mauvais film, bien au contraire, simplement le scénario est en deçà de ce que j’imaginais. Pour l’originalité on repassera, tout est irrémédiablement prévisible. Beaucoup verront probablement dans la mise en scène une ressemblance avec « La Dame en noir », l’époque (XIX siècle), un manoir isolé, un décor gothique, de longs et obscurs couloirs hantés par des fantômes, une chaise à bascule oscillant mystérieusement. Du déjà vu et revu, retravaillé, remâché et recraché avec somme toute une certaine maîtrise.

Néanmoins, là où la patte artistique de Guillermo Del Toro est sans contexte prodigieuse: l’esthétique. Un clair obscur ambiant, des couleurs mordorées et vermeilles qui confèrent à Crimson Peak une ambiance glauque et angoissante à souhait, des murs suintant d’argile pourpre cloisonnant et empêtrant davantage Edith dans l’horreur environnante. Des fantômes vraiment effrayants, désarticulés poussant des cris d’outre-tombe à faire pâlir. Les adeptes  du genre en seront ravis.

Le film est mené par un trio charismatique: Mia Wasikowska nous trouble une nouvelle fois par la gravité et la maturité de son jeu. Tom Hiddleston que je ne connaissais que pour son rôle dans Thor et Avengers m’a réellement surprise. Il apporte une sensibilité et une ambiguïté désarmante au personnage. Quant à la majestueuse Jessica Chastain, son interprétation saisissante confère à Lucille la dose de folie et de cruauté nécessaire à un personnage de cette trempe.

Dans l’ensemble, Crimson Peak possède de grandes qualités mais le scénario indigent plombe malheureusement l’originalité.

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