November 20, 2018

De l’open space à l’open stress

Si l’on demande aux français ce qu’ils pensent de l’open space, la réponse est rapide et surtout, sans équivoque. Il n’y a qu’à observer l’expression de leur visage qui ne présage rien de bon…Pourtant, la même question posée à nos voisins anglais ou allemands, ne suscite pas la même réaction. Serait-ce l’open space à la française qui serait en cause ? Revenons sur ce phénomène appelé inévitablement à se développer.

Qu’est-ce que l’open space ?

L’open space est un espace ouvert de travail. Ainsi, les salariés travaillant dans un open space partagent un même et unique lieu de travail. Le concept de l’open space, né aux Etats-Unis, a pour but premier de créer un espace de convivialité entre les salariés qui du fait de leur proximité, échangeraient davantage et seraient plus performants. Ce constat posé, on ne peut que se féliciter de cette méthode de travail conviviale, altruiste, humaine. Toutefois, les français sont loin d’être friands de l’open space qu’ils perçoivent comme une véritable agression. Comment expliquer ce décalage ?

L’open space à la française montré du doigt

Un maître mot : « économies »

L’open space en France comme dans d’autres pays d’ailleurs, est largement mis en place pour de raisons purement économiques. Le prix de l’immobilier a flambé, les dirigeants français ont vu pour beaucoup, dans le concept de l’open space la possibilité de réaliser des économies, de rentabiliser. Les cloisons sont abattues, un bureau ne nécessite plus autant de mètres carrés et puis, pour couronner le tout, certains ont poussé la dépersonnalisation à l’extrême. Le salarié s’assied là où il y a de la place. Il n’a pas de poste attitré. Une fois sa journée de travail accomplie, il récupère l’ensemble de ses affaires de manière à ce qu’un autre salarié puisse s’y installer ultérieurement …

Dans ces conditions, on comprend la frilosité voire l’aversion des français pour l’open space.

Concrètement, les plateformes d’open space à la française sont souvent :

Surchargées

Il n’est pas rare de trouver des open space dont la capacité d’accueil avoisine les 30 voire 50 salariés. Le civisme, toute la bonne volonté du monde sont impuissantes face à ces chiffres. Le bruit, les passages réguliers aux toilettes ou à la photocopieuse, ne permettent pas de travailler dans des conditions raisonnablement acceptables.

Le bruit

Si l’open space n’a pas été pensé au préalable, le bruit est partout, devient une agression permanente. Le bruit des chaises que l’on déplace, des portes qui se ferment, du téléphone qui ne cesse de sonner devient le pire ennemi des salariés qui se protègent comme ils le peuvent (bouchons d’oreilles…)

L’intimité piétinée 

C’est certainement ce point qui génère les plus de souffrance. En open space, tout le monde entend et voit ce que vous faites. Aucune possibilité de passer un coup de fil sans être démasqué .Votre voisin sait ce que vous faites, quand vous le faites, il voit tout et sait tout de vous.

Un lieu impersonnel

Dans beaucoup d’open space, les postes sont impersonnels. Hors de question d’apporter une quelconque touche personnelle (photographie, plante…). Il est difficile de s’investir dans son travail dans de telles conditions.

Ces conditions de travail étant difficiles, elles sont source de souffrance et d’arrêts de travail fréquents. Le salarié souffre et l’entreprise y perd en termes de performance.

Pour autant, doit-on condamner le concept ? L’open space était-il incompatible avec le bien-être des salariés ? Non. L’open space « raisonné » est tout à fait compatible avec une vie salariée agréable et efficace.

L’open space est mort, vive l’open space !

Une plateforme à taille humaine 

En premier lieu, il est difficilement envisageable de penser qu’une plateforme en open space puisse accueillir plus de 25 personnes. Il donc important de se limiter à une vingtaine de personnes.

Un espace aéré 

Il est primordial que la plateforme soit aérée mais attention, cela ne signifie pas pour autant qu’il ne doit pas y avoir de séparations. Pour parvenir à ce résultat, il faut veiller à ne pas encombrer l’espace de rangements inutiles et trop volumineux. Ainsi, sera-t-il préférable de placer les meubles de types bibliothèques, contre le mur de manière à ne pas obstruer la vue.

L’intimité préservée 

Un open space peut et doit préserver l’intimité de ses salariés. Pour ce faire, il est important de créer des semi-séparations limitées dans leur hauteur mais qui offriront un semblant d’intimité.

De même, l’open space n’est pas incompatible avec la personnalisation. Pourquoi ne pas laisser les salariés apporter quelques effets personnels à partir du moment où ces objets n’encombrent pas ? Ils se sentiront mieux et seront plus efficaces.

Songez également à créer un espace, des box qui permettent au salarié d’être seul pour souffler, passer un coup de téléphone personnel…

L’éclairage  et les couleurs 

L’éclairage des lieux et la couleur des murs doivent faire l’objet d’une attention particulière. Evidemment, on privilégiera la lumière naturelle grâce à de grandes ouvertures. La lumière artificielle devra être dosée (ni trop faible, ni trop agressive). Quant à la couleur, on a beau aimer les couleurs vives, il faut essayer d’orienter son choix vers des couleurs apaisantes et non criardes.

Le bruit 

Il est impossible de mettre en place une plateforme de ce type sans prendre en considération le bruit. Des solutions, de la plus simple à la plus complexe, permettent de limiter le bruit. Ainsi, le choix des sols, des chaises, des emplacements bruyants (toilettes, cafeteria…) doivent être pensés et choisis en fonction.

L’open space est à construire. Avec de l’intelligence et du bon sens, l’open space « raisonné » devrait permettre aux salariés et aux dirigeants de trouver un compromis satisfaisant ou tout du moins acceptable.

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