October 20, 2018

Detective Dee 2 : La Légende du Dragon des Mers

En 2010, Tsui Hark nous présentait Detective Dee : le mystère de la flamme fantôme, un film mêlant enquête, arts martiaux et sorcellerie. Un divertissement très prenant à l’esthétisme léché malgré une fin décevante. En 2014, Tsui Hark revient avec Detective Dee II : La légende du dragon des mers, un préquelle au premier opus.

Tsui Hark, c’est avant tout un grand bonhomme du cinéma asiatique. Grandement influencé par le Wu Xia Pian, un genre de film de sabre qui émerge dans les 60’s à Hong Kong, c’est un des premiers réalisateurs à faire voler ses personnages lors de combats dans Zu, les guerriers de la montagne magique en 1983, tout comme le John Woo Hong Kongais sera quasiment le premier à filmer des gunfights surréalistes et jouissives en remplaçant les armes blanches du Wu Xia Pian par des flingues. Enfin, Tsui Hark est notamment connu pour sa série des Il était une fois en Chine avec Jet Li, les deux premiers volets étant à voir absolument. D’ailleurs, en 1993, il produira le génial Iron Monkey de Yuen Woo-Ping qui retrace entre autres un passage de l’enfance du célèbre personnage principal d’ Il était une fois en Chine : Wong Fei-Hung, un héros très populaire en Chine, considéré comme un Robin des Bois.

Aussi, Tsui Hark est un artiste qui expérimente très souvent et qui fait preuve de générosité dans ce qu’il entreprend: ces dernières années, c’est la 3D qui fait office d’expérimentation. Preuve en est avec Detective Dee II : la légende du dragon des mers où presque chaque plan semble être pensé pour la 3D. En plus de cet aspect, la réalisation, fluide et millimétrée donne un charme envoûtant dans des décors très colorés qui rendent compte d’un esthétisme très fouillé comme cela pouvait être le cas dans le premier volet. Et heureusement que les cadrages, la lumière, les costumes, les décors et le montage s’avèrent séduisants car ils permettent de donner du charme au cheap des effets spéciaux. En cela, c’est une leçon de mise en scène !

Là où cette suite pèche, c’est dans ses dialogues enfantins, dans son jeu d’acteur surjoué et dans l’utilisation de son scénario. Le premier volet ne possédait pas un scénario fou mais arrivait à poser du mystère où le spectateur se sentait participer à l’enquête car on lui donnait des indices amenant par la suite à des révélations. Ici, ce n’est plus le cas ! Dee, pour schématiser, c’est un peu Robert Downey Jr dans Sherlock Holmes: rien ne lui échappe et quand il s’agit de mettre des coups, il assure toujours ! Cependant, ici le spectateur reste spectateur dans sa plus grande passivité. On ne joue pas avec lui… Les révélations arrivent de manière totalement gratuite : « coucou et bien en fait c’était ça parce que j’ai vu ça et donc ça rejoint à ça et le traitre c’est lui parce que j’ai vu ça et donc j’ai compris ça ! ». Oui, c’est bien mais il faut nous tenir en haleine, nous donner envie de participer à l’enquête quitte à se faire berner lors du dénouement… C’est ça, la magie du cinéma !

 

 

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