May 25, 2018

Du soleil en boîte, de Christine Leunens

« La soixantaine alerte, le verbe haut, le conseil toujours prompt, surtout quand il n’est pas sollicité, et la coiffure aussi raide que le genou, Edith McLoughlin frôle la caricature de la belle-mère de comédie. En fait sa tyrannie, légère et tissée de bonnes intentions, serait plutôt drôle si elle n’était à l’origine d’un drame épouvantable – la mort de son fils – qui pèsera évidemment à jamais sur la vie de Nancy, sa belle-fille restée veuve, avec une petite Chloé de sept ans. 

Ruptures maladroites et rapprochements émouvants rythment ainsi le récit du long chemin d’amitié que ces deux femmes vont parcourir, liées non seulement par le souvenir d’un être follement aimé mais en réalité par une extraordinaire et peu commune tendresse qu’elles ne s’avoueront qu’à mots couverts, sous la menace d’une mort annoncée. Une histoire propre à tirer les larmes des cœurs les plus blasés. »

livre_du_soleil_en_boiteAuteur remarquée pour son ouvrage Le ciel en cage, qui a notamment été sélectionné pour le prix Fnac, Christine Leunens revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec un nouveau livre, Du soleil en boîte. Un roman touchant et émouvant mettant en avant des personnages haut en couleur. Essentiellement Edith, caricature de la belle-mère de comédie, énervante à souhait et toujours prompte à donner des conseils qu’on ne lui a pas réclamé. Une belle-mère omniprésente, un brin manipulatrice, au comportement que l’on pourrait trouver amusant et attachant d’une certaine manière, s’il n’avait pas conduit à un drame, à savoir la mort de son fils.

Nancy, sa belle-fille, se retrouve bien évidemment anéantie et va devoir apprendre à élever seule sa fille, Chloé. Une vie dans laquelle Edith va continuer d’intervenir plus que de raison, le deuil n’arrangeant pas vraiment la situation. Les deux femmes vont apprendre à cohabiter, à se supporter l’une et l’autre et, également, se soutenir dans cette épreuve.

S’il est extrêmement touchant, le roman ne tombe jamais à mon sens dans des discours larmoyants et parvient à être consistant malgré le peu de péripéties qui surviennent. On se prend immanquablement d’affection pour Nancy qui tente de se reconstruire, d’ouvrir un nouveau tome de sa vie sans pour autant fermer le premier totalement. Au fil des pages, on découvre des personnages qui se révèlent plus complexes qu’il n’y parait de prime abord. Ils s’affirment et grandissent au fil des pages, révélant peu à peu des facettes insoupçonnées de leur personnalité.

Christine Leunens parvient à nous maintenir intéressés par une écriture simple mais toujours très juste. J’ai aimé l’absence récurrente de repères temporels qui nous invitent à réfléchir et nous demander à quel moment la scène se situe exactement. Une excellente auteur, indéniablement, et ce n’est pas uniquement parce qu’elle vit en Nouvelle-Zélande que le New Zealand Herald a élu ce roman Meilleur livre de l’année 2013.

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