November 18, 2018

Enemy : « Le chaos est un ordre qui n’aurait pas encore été déchiffré. »

Un an après le sublime Prisoners, Denis Villeneuve revient dans les salles obscures pour y présenter Enemy, un long-métrage qui risque de diviser mais aussi de mettre à mal vos neurones !

Tourné avant Prisoners mais ne trouvant le chemin des salles qu’aujourd’hui, Enemy raconte l’histoire d’Adam, interprété par le classieux Jake Gyllenhaal découvrant son parfait sosie, Anthony, interprété par le charismatique Jake Gyllenhaal. Le premier a pour copine la belle Mary (notre frenchie adorée ou détestée : Mélanie Laurent) tandis que le second vit avec sa femme enceinte, Helen, joué par la très élégante Sarah Gadon. Adam se met en quête de rencontrer Anthony …

La première chose qui marque, c’est l’ambiance que dégage ce film. On étouffe ! Les cadrages sont magnifiques et témoignent parfaitement du malaise qui perdure tout au long. Et pourtant, on ne peut pas dire qu’il s’y passe grand chose et le rythme est très lent. Malgré tout, l’atmosphère fait qu’on ne décroche pas. La musique quant à elle, épouse parfaitement ces cadrages et participe brillamment à cette constante oppression. Enemy est un film à la fois très dépressif et à la fois très étrange ! Les personnages semblent tous blasés, les scènes de sexes sont violentes, le grain de l’image est pâle et la ville donne une impression de vertige et d’asphyxie.

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Dès les premières images on y voit Adam (ou Anthony ? ), au milieu de costards cravates dans un club privé très sélectif, contempler avec embarras une femme nue en train de se masturber sur un podium. Suivent d’autres femmes, elles aussi nues, ainsi qu’un plateau en argent contenant une araignée bien dodu et bien poilu. Une ouverture glaciale, angoissante et étrange qui donne pourtant les premiers éléments clés: les femmes, le fantasme, la phobie et Jake Gyllenhaal (ou Jake Gyllenhaal ?) . Car ce sont des éléments qui tourmenteront nos deux personnages centraux que sont Adam et Anthony dans un scénario d’une grande complexité. Denis Villeneuve assume entièrement cet aspect et l’explique ainsi:  « Il faut que les spectateurs soient conscients que c’est un film qui se veut ludique. Un film qui est là pour jouer avec leur perception, leurs émotions, et qu’il faut décortiquer. C’est une énigme. » . Tout est dit mais c’est aussi en ce point qu’il divisera les spectateurs.

Enemy n’est ni un film fait pour reposer ses méninges, ni un film qui se comprend au premier abord. Nul doute que la dernière scène de ce thriller psychologique vous laissera de marbre et/ou sans voix. Pas de panique, reprenez votre souffle et essayez de déchiffrer ce chaos. Pour ma part, il me reste encore des détails à saisir !

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