September 25, 2018

Interstellar

L’énigmatique projet qu’aura été Interstellar durant de longs mois est à l’affiche de nos cinémas depuis le 5 novembre. Un projet hollywoodien ambitieux où son réalisateur, Christopher Nolan, y retrouve le genre de la science-fiction qu’il avait déjà exploité avec Inception. Cette fois, il s’attaque à l’exploration interplanétaire.

On aime son style ou pas, Christopher Nolan reste un des rares réalisateurs d’Hollywood à s’efforcer de réaliser ses propres projets et surtout à les rendre suffisamment ambitieux pour attirer à la fois le spectateur mainstream et le spectateur plus averti. On peut le dire : c’est un passionné ! Si à mes yeux, il s’est presque totalement planté avec The Dark Knight Rises, Christopher Nolan reste un réalisateur à la carrière pour le moment honorable. Pour ceux qui seraient passé à côté, je vous conseille de vous intéresser illico à ses deux premiers films que sont Following, le suiveur et Memento.

Dans Interstellar (qui à la base était une commande de scénario de Steven Spielberg à Christopher Nolan), le brillant Matthew McConaughey incarne Cooper, un ancien pilote de la NASA et ingénieur reconverti en agriculteur qui est amené à reprendre de ses services pour une mission cosmique afin de sauver l’espèce humaine. La planète Terre en pleine crise économique et écologique ne sera bientôt plus vivable. Ainsi, Cooper doit mener l’équipe de la NASA à trouver et coloniser une planète viable pour l’être humain.

Interstellar, c’est avant-tout une relation entre un père et sa fille car c’est à travers celle-ci que repose tout le sens du film (ou presque). Celle d’un homme condamné par son propre choix à abandonner sa famille au profit d’une exploration sans savoir quand il en reviendra. C’est dans cet aspect que Christopher Nolan est le plus percutant (ou presque). La première heure, qui se concentre uniquement sur cette famille en est d’ailleurs passionnante et dégage des sentiments universels. La construction des personnages l’est tout autant et c’est dans cette première partie qu’ Interstellar brille le plus. La deuxième heure, un peu plus centrée sur l’exploration, nous réserve son lot de surprises et s’avère très prenante. Les situations entre personnages sont menées de manière intelligente et Christopher Nolan parvient à donner ce petit goût de frisson quant à la découverte de l’Inconnu.

Ou presque… Puisqu’ arrive la dernière partie où à mon sens Christopher Nolan se trompe sur toute la ligne. Non pas qu’elle soit ennuyante car suffisamment rythmée et maîtrisée pour ne pas perdre le spectateur mais parce qu’elle écarte tous les propos qui sont au cœur d’ Interstellar et qui rendaient son concept extrêmement intéressant. On assiste donc à une conclusion sans solution, sans remise en question et manquant cruellement de profondeur au profit cette fois, non pas de sentiments mais d’émotion gratuite sans réelle finalité. Et pourtant, la clé de l’histoire est une fois de plus ambitieuse mais malheureusement mal exploitée.

Chose rare pour le signaler, Interstellar jouit d’une photographie sublime et nous offre des plans à l’esthétique splendide. Et surtout cette oeuvre ne souffre pas de l’utilisation abusive du numérique, bien au contraire puisqu’il n’y en a quasiment pas. Nul doute que dans 10 ou peut-être 20 ans, l’image n’aura pas pris une seule ride !

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