September 22, 2018

It Follows

Grand prix du festival fantastique de Gerardmer 2015 et prix de la critique international au festival de Deauville, It Follows, deuxième film de David Robert Mitchell amène un peu de fraîcheur dans le cinéma d’épouvante américain.

Une partie de jambe en l’air quelconque aura suffit à Jay, incarnée par la charmante Maika Monroe, de se mettre dans de sales draps. Désormais pourchassé par un esprit invisible aux yeux des autres, elle n’a d’autre moyen que de fuir et de trouver une solution pour échapper à cette emprise. Car c’est par le sexe que se refile la malédiction sans pour autant y échapper définitivement …

En soit It Follows ne raconte qu’une histoire d’épouvante assez classique avec ses qualités mais aussi ses défauts. Rien de bien novateur de ce côté si ce n’est que David Robert Mitchell arrive à ne pas tomber dans la débilité profonde, notamment au niveau des dialogues. Ces derniers sont typiquement ancrés au cinéma américain indépendant. C’est léger mais suffisamment fouillé pour coller aux personnages et même parfois, questionner le spectateur.

Une séquence d’ouverture dantesque et angoissante emmenée par une bande son ravageuse et puissante nous plonge littéralement au cœur de la menace ! Dès ce début, on ressent dans la manière de montrer les choses à l’écran une passion pour le cinéma d’horreur des 70’s et 80’s. La mise en scène, gros point fort d’ It Follows, envoûte du début à la fin. D’ailleurs, David Robert Mitchell se sert habillement de Détroit pour y créer une ambiance très proche de la littérature fantastique en rendant cette ville mystérieuse et presque fantomatique. C’est du réel avec juste ce qu’il faut pour rendre cet ensemble décalé de la réalité. C’est aussi en jouant subtilement avec les arrières plans que le réalisateur suscite de l’anxiété. C’est parfois répétitif mais pour le coup j’ai réellement été bluffé et pris par certaines séquences !

Si on met de côté quelques maladresses, notamment lors de la séquence finale dans la piscine, It Follows est une très bonne surprise. Ne vous laissez pas non plus impressionner par le « ultra-flippant » écrit en gros et en gras sur l’affiche. It Follows n’a pas la prétention de vous faire sursauter mais simplement de vous mettre au mieux en tension. C’est vraiment un film qui mise sur sa réalisation et sur son ambiance fantastique avec notamment une bande son qui colle parfaitement aux propos (je pense même que tonton Carpenter s’est rué pour s’en procurer une copie tant elle rappelle le vieillissant mais quasi-intouchable Halloween).

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