November 16, 2018

FUSE

Au moment de son annonce à l’E3 2011, FUSE (encore appelé Overstrike à cette époque) avait impressionné grâce à une excellente bande-annonce, ultra pêchue, nerveuse. Les développeurs de chez Insomniac, à l’origine des excellents Resistance et Ratchet & Clank sur PS3, semblaient vouloir mettre tout leur talent dans le développement d’un jeu de shoot à la troisième personne mettant en avant la coopération entre quatre mercenaires aux styles très différents. Après le carton de titres comme Left 4 Dead, l’idée d’un nouveau titre misant tout sur la collaboration entre les joueurs nous mettaient l’eau à la bouche. Et pourtant…

En effet, malgré un concept de base ultra plaisant, on déchante rapidement une fois la galette lancée. Premièrement, c’est du côté du scénario que le jeu commence par nous décevoir. Celui-ci pourrait tenir sur un post-it et se résume grosso modo à empêcher des gros méchants de voler une arme secrète qu’ils utiliseraient pour foutre un boxon monstre un peu partout sur Terre. Cette arme, il s’agit en fait d’une énergie nouvelle, baptisée FUSE, et capable de cramer en un quart de secondes plusieurs dizaines de personnes. Ni une, ni deux, notre équipe de choc est envoyée pour tenter de régler le problème, avant que des problèmes surviennent. Des problèmes qui amèneront nos comparses à voyager à plusieurs endroits du monde, dans des décors parfois vraiment réussis. On se demande d’ailleurs pourquoi les développeurs ont décidé de commencer le jeu dans une base souterraine terne à mourir et qui ne donne clairement pas envie de continuer à jouer.

Globalement, rien ne donne réellement envie de s’accrocher à FUSE, d’ailleurs. Techniquement, le titre est à des années lumière de ce qui se fait de mieux et tout, ou presque, est à refaire. Les effets d’explosion, les animations ou tout simplement la modélisation des personnages est à revoir et nous renvoie quelques années en arrière en termes de beauté visuelle. Les animations ne sont pas là pour redorer le blason de la licence ; les développeurs se sont contentés du minimum, et ça se ressent. D’une manière générale, l’intégralité du titre est d’un autre temps. Et plus encore qu’au niveau visuel, c’est sur son gameplay que le jeu d’Insomniac se loupe, très clairement. Le titre propose une jouabilité dans le style d’un Gears of War, à base de couvertures, de changements de positions répétés. Tout a été puisé dans l’illustre licence, jusqu’à la course façon Fénix en laissant la touche A enfoncée. S’il y a clairement pire comme inspiration, la mayonaise ne prend malheureusement pas et on se retrouve avec un titre cheap, et pas intéressant à jouer pour deux sous.

Pourtant, quelques idées sont à retenir malgré tout. Les quatre protagonistes sont, du moins sur le papier, complémentaires et nécessitent une étroite collaboration. Chacun dispose par ailleurs d’une arme spéciale récoltée dès le début du jeu qui va orienter tout le gameplay. On retrouve ainsi un « sniper » utilisant une arbalète à lunettes, un « tank » qui dispose d’un bouclier capable d’envoyer une onde de choc violente décapant les ennemis qui se trouvent face à lui, et deux personnages féminins équipés d’armes plus légères. Si la coop’ peut être intéressante en ligne, on ne peut que plaindre les joueurs qui se lanceront dans FUSE accompagnés de trois bots. Ces derniers sont absolument ahuris et n’hésiteront pas à se jeter sous le feu ennemi lorsque vous serez à terre pour tenter de vous sauver, causant bien souvent leur perte et celle de toute l’équipe par conséquent. L’IA est globalement mauvaise et il faudra se contenter de la possibilité de switcher entre les protagonistes pour tenter d’utiliser au mieux les caractéristiques propres de chacun, débloquées au fur et à mesure de l’aventure via un arbre de compétences plutôt bien fichu.

En définitive, FUSE est un mauvais jeu, malgré une poignée de bonnes idées et quelques moments sympathiques. Ces derniers ne suffisent malheureusement pas à combler les énormes lacunes du titre et à nous faire passer la sensation de jouer à un titre vieux de dix ans. Alors que le projet semblait de prime abord prometteur, on se retrouve avec un vulgaire pétard mouillé et on comprend mieux pourquoi Electronic Arts n’a quasiment plus communiqué sur le soft après son annonce. Dommage, la formule aurait pu être intéressante.

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