May 23, 2018

Johnny Hallyday : compte-rendu d’un concert inoubliable

Le taulier a soixante-douze ans. Revenu d’entre les morts, il a tout traversé. Les générations, les modes, les styles. Ce qui n’a pas changé, c’est sa musique. Et sa voix. Puissante. Qui vibre jusqu’aux plafonds des plus mythiques salles de France. Cette voix authentique, identifiable entre toutes. Et cette prestance. Cette grandeur d’âme. Johnny est Johnny, et il le restera. Il est le patron et il le prouve.

Son album Rester vivant, sortit en 2014, est présenté à juste titre comme étant le meilleur de sa carrière. Des chansons telles que Seul, ou encore Te manquer, séduisent largement son public. Des paroles profondes et sérieuses, agrémentées d’une instrumentalisation inédite et moderne. On sent le chanteur mélancolique des années passées, mais satisfait, heureux. Amoureux surtout. De sa femme, Laetitia, et de ses enfants. Te voir grandir, Une lettre à l’enfant que j’étais, A nos promesses, sont des titres à retenir.

Oui, le 49em album studio de notre icone nationale garantit une tournée des plus fortes en émotions mais aussi des plus rock. Une tournée marathon qui débute le 2 octobre au Palais Nikaia, à Nice, où se rendent 6500 personnes. Des fans de tout âge pénètrent dans la salle qui se remplit, peu à peu.

Puis les lumières s’éteignent. Une tête de mort géante, suspendu au-dessus du public, descend doucement en direction de la scène d’où s’élancent des éclairages et des nuages de fumées. La foule qui hurle. Les bras vers l’immense tête de mort, laquelle passe à quelques mètres seulement du public. Les musiciens jouent. Les guitares, les basses, les batteries, etc. La foule retient son souffle.

Puis la tête se pose, juste au milieu de la scène, et s’ouvre en deux, libérant un Johnny brillant, grand et mince, coiffé en arrière, les yeux à l’abri sous des lunettes noires.

Le spectacle commence. Par un morceau rock. Celui, précisément, qui est à la fois le titre de son dernier album, Rester vivant, et celui de sa tournée. Les éclairages s’animent est suivent le chanteur dans ses moindres déplacements.

Johnny se donne à fond. Ne s’économise pas. Chante fort. Il se déhanche et parle au public entre chaque chanson. A SON public, lequel assiste à l’un de ses meilleurs spectacles. Le son est bon, solide, net. L’ambiance est d’enfer. Le chanteur, accompagné de son groupe, joue ses plus beaux tubes. Allumer le feu, Gabrielle, Je te promets, Que je t’aime, Quoi ma gueule, Quelque chose de Tennessee. Tout ça dans le désordre.

Johnny sort de scène.

Plusieurs minutes passent. Le groupe ne s’arrête pas de jouer. Et Johnny revient vêtu différemment pour la seconde partie du concert. Non, du spectacle. Du spectacle ! Du spectacle ! C’est important. A ne pas confondre !

La foule est en délire…

Puis au bout de deux heures trente, les écrans géants se déplacent, remuent sans un bruit. Ils se déplacent et constituent un rideau lumineux devant lequel Johnny entame sa dernière chanson. Te manquer.

Sa voix est exceptionnelle. Il transpire. Ses fans aussi. Johnny est comme le vin. Avec les années, il se bonifie. Plus il vieillit, plus il rajeunit. Il n’y peut rien. C’est le Benjamin Button de la chanson française.

Puis la dernière parole est lancée : je voudrais vous manquer, dit Johnny. Alors il part, tête baissée et main sur le cœur, comme un homme solitaire, dans les coulisses. Et toutes les lumières se rallument. Il faut quitter la salle…

Voici le compte rendu d’un concert inoubliable.

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