La Forêt des Frères Grimm, contes de fées et tours de (trois petits) cochons

Aujourd’hui, nous saupoudrons les pages de Conso-Mag avec un brin de magie et d’enchantement ! Comment ? Mais avec la Forêt des Frères Grimm évidemment, le dernier (et absolument superbe) jeu de Lucky Duck Games ! Bref, nous allons parler jeu mais aussi contes de fées, tours de magie et crapulerie…

Quand le Roi Réginald le Cupide fit appel aux trois petits cochons pour raser la Forêt des Frères Grimm et y établir de jolis lotissements emplis de contributeurs fiscaux à la richesse du trésor royal, il pensait tenir là les trois meilleurs bâtisseurs du Royaume. Seulement voilà, il n’avait pas imaginé que les affres du temps et la lycanophobie chronique dont ils souffraient avaient rendus les trois petits cochons aussi séniles qu’inutiles. Les rumeurs offensantes qu’on colportait dans le Royaume ne les disaient mêmes plus bons à devenir de la saucisse. Furieux, mais ne renonçant pas à son mercantile projet, le Roi Réginald fit alors appel aux neveux et nièces des trois petits cochons. Ceux-ci, désireux de redorer le jarret de leur famille, commencèrent à affluer aux portes du château. Les règles du concours mis en place par le Roi étaient limpides : le premier qui parviendrait à construire trois maisons obtiendrait le titre convoité de Bâtisseur Royal… A vos truelles !

Détour (pendable) en forêt enchantée

Dans La Forêt des Frères Grimm, chaque joueur va donc incarner un cochon bâtisseur et se lancer dans une course effrénée à la construction de trois maisons. Pour ce faire, il devra avant tout aller récolter de la paille, du bois ou des briques dans les différents lieux du royaume (soit les champs, la forêt, la briqueterie ou, éventuellement, le marché). Quand il aura suffisamment de ressources en sa possession, il pourra construire la base de sa maison puis les murs et enfin le toit.

Et c’est aussi simple que ça ? Oui et non. Dans son fonctionnement, le jeu est extrêmement simple mais vous vous en doutez, il ne se limite pas à de la collecte de ressources et à la construction de maisons. Tout le sel du jeu vient en effet des cartes Fable et des cartes Ami que les joueurs vont avoir en leur possession car à Wonderland, c’est bien la crapulerie qui règne !

De Tom Pouce (toi de là) à Ali Baba (pas) cool

En effet, au fur et à mesure de la partie, les joueurs vont obtenir des cartes Fable qu’ils vont pouvoir jouer pour influencer le déroulement du jeu. Parmi celles-ci, et à titre d’exemple, la boule de cristal vous permettra de regarder le lieu de collecte secret choisi par un adversaire et des amis puissants vous autoriseront à voler purement et simplement des actions à vos concurrents. Déjà, vous imaginez le potentiel de nuisance de ces cartes et vous n’avez pourtant encore rien vu… Laissez-nous vous parler de nos préférées : les monstres. Particulièrement destructeurs, on les envoie sur les cases de collecte pour y détruire les ressources ou pour obliger celui qui s’y aventure à se défausser (parfois à notre profit) de tout ou partie de ce qu’il possède. Gniark Gniark.

Et comme si ces tours pendables ne suffisaient pas à semer la zizanie dans la Forêt des Frères Grimm, les auteurs y ont ajouté les amis. Tout au long de la partie, de Pinocchio au Nain Tracassin en passant par Raiponce ou la méchante sorcière, les joueurs pourront se faire aider par un ami au pouvoir parfois puissant. Trop puissant à votre goût ? Ce n’est pas grave car une sournoise mécanique vous permettra de contraindre un joueur adverse à changer d’ami en lui en confiant un nouveau (ce qui ne l’arrange pas du tout, vous vous en doutez). Bref, c’est délicieusement fourbe.

Un contenu enchanteur…

Vous l’aurez compris, la Forêt des Frères Grimm est un jeu qui fera grincer les dents des fanatiques de la planification et de l’anticipation. Ici, une simple (mais crapuleuse) carte peut chambouler tous vos plans et on s’échange les coups bas aussi vite qu’on remplace nos amis. La mécanique du jeu engendre des interactions fortes entre les joueurs et développe une atmosphère chaotique qui nous a personnellement régalés !

Mais terminons par ce qui reste un atout phare de la Forêt des Frères Grimm : son somptueux matériel. Nous le disions d’emblée, le jeu est superbe à tout point de vue. La direction artistique est très probablement une des plus réussies qu’il nous ait été donné de voir. Et si les illustrations des cartes et des différents éléments de jeu sont particulièrement jolies et immersives, c’est véritablement les figurines qui remportent le coup de cœur unanime. Des quatre petits cochons au Géant écrasant une chaumière en passant par le Troll du Pont, elles sont, n’ayons pas peur des mots, sublimes. Une vraie réussite.

En conclusion, avec la Forêt des Frères Grimm, vous tenez entre les mains un jeu qui saura vous séduire tant par son admirable matériel que par son thème accrocheur et sa dynamique fun, entraînante et délicieusement fourbe !

La Forêt des Frères Grimm, un jeu de Tim Eisner, illustré par Mr. Cuddington, édité par Druid City Games et localisé en français par Lucky Duck Games.

Nombre de joueurs : 2 à 4

Âge : dès 13 ans

Durée moyenne d’une partie : 45 à 60 minutes

Acheter la Forêt des Frères Grimm : 40,50 €

 

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