July 21, 2018

LA French

Marseille, 1975 : le Soleil, les bars, les boites de nuits, la mer, la drogue. Le temps d’un tour au vieux port et vous êtes déjà plongé en plein cœur du long métrage de Cédric Jimenez (Aux yeux de tous) accompagné du duo Dujardin/Lellouche (Les infidèles). Pas de répit ni de panisse, c’est parti pour 2h15 du côté au obscur de la fo… euh de Marseille.

L’histoire commence lorsqu’un jeune magistrat nommé Pierre Michel est nommé juge du grand banditisme avec comme devoir de s’attaquer à la French Connection. Cette dernière, organisation mafieuse exportant dans le monde entier de l’héroïne, contrôle toute la capitale phocéenne. N’écoutant aucune mise en garde, le juge Michel s’engage dans un combat acharné et dangereux contre le mal qui ronge Marseille.

 « Made in France »

LA French peut se classer dans la catégorie des meilleures productions françaises dans le genre polar. Le film ne tombe absolument pas dans une pâle copie, privée de moyen, d’une super production Hollywoodienne. Il puise sa force dans la vraisemblance des faits qui l’ont inspiré, tristes évènements de l’histoire. Ainsi, les journaux télévisés et autres références permettent, épaulé d’un réalisme exprimé à travers les décors, les accessoires et les compositions d’image, de plonger directement le spectateur dans l’ambiance à la fois glaçante et passionnante qu’est celle de LA French. Jimenez propose une réalisation qui reste simple et efficace préférant construire son histoire par le développement des personnages et le scénario. Scénario abouti, copieux et sans réelles pauses, LA French se développe d’ores et déjà sur de solides bases permettant aux acteurs de développer au mieux leurs interprétations.

« Lellouche/Dujardin… What else ? »

Autre gros point fort du film, le casting. LA French bénéficie d’une force d’interprétation remarquable. Tout d’abord, Jean Dujardin (The Artist, Monuments Men) est très bon dans son rôle du juge Michel avec quelques scènes vraiment prenante où le dramatisme cumule. Touchant d’humanité, Dujardin colle parfaitement à la simplicité des scènes rappelant que le juge fût, outre son courage et son intelligence usée contre la criminalité, un homme avec ses faiblesses. Avec son némésis, Zampa, interprété par Gilles Lellouche (A bout Portant, Les Petits Mouchoirs), ils constituent un terrible duo, deux personnages complexes menant un combat à mort. D’ailleurs, le personnage de Lellouche oscille entre un homme d’affaire sans pitié, un mari aimant mais aussi un père de famille attentionné ce qui rend quelques fois le personnage difficile à cerner mais pas moins inintéressant. On saluera la performance très classe de Benoît Maginel (Cloclo, Les Vents Contraire) et Mélanie Doutey (Jamais le Premier Soir) avec un petit bémol pour Céline Sallette sur la scène finale. Ma palme d’or revient à Cyril Lecomte (Mea Culpa, 96 heures) avec une interprétation exceptionnelle. Bref, paris réussi pour Jimenez, une tragédie mêlé au polar largement maitrisé. Bang Bang !

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