November 18, 2018

La Liste de mes Envies

Un chèque de 18 millions d’euros, ça ferait rêver n’importe qui, mais pas Jocelyne Guerbette, simple mercière d’Arras. Dite “Jo”, elle est l’héroïne du roman, pièce de théâtre et film La Liste de mes Envies. En seulement 2 ans, le best seller de Grégoire Delacourt s’est vu adapté sur les planches et sur grand écran. La vitesse à laquelle les ouvrages à succès sont portés dans les salles obscures est de plus en plus surprenante, et le plus souvent décevante. Pour le cas présent, je n’avais pas lu le livre.

C’est donc sans attente particulière que je suis allé voir la dernière réalisation de Didier Le Pêcheur (No Limit, Les Bleus,…), mais pas sans a priori. En bon spectateur, j’ai en effet pris soin de visionner le trailer avant la séance, et me suis conditionné en conséquence: après avoir bien souri et même ri en regardant cette bande-annonce (le coup du prêtre est tout de même vraiment drôle), j’étais assuré d’aller voir une comédie.

Si vous ne connaissez pas déjà l’histoire de cette gagnante de la loterie de l’Européenne des Jeux (= Euromillion), une chose est sur, vous serez confondu. Au vu de ce que présentent les extraits, le résultat est complètement inattendu et surprenant: certains passages restent amusant bien sûr, mais ce n’est absolument pas l’esprit du film qui est finalement assez pessimiste. On ressort même de la salle un peu dérouté, la tête pleine de questions, mais c’est finalement une bonne chose de pouvoir passer les heures suivantes à rediscuter du sujet, voir de remettre en cause les choix de “Jo”.

Nécessairement, parlant de gros sous, La Liste de mes Envies renvoie au vieil adage politiquement correct qui nous dit que l’argent ne fait pas le bonheur (je demande quand même à (a)voir) mais je crois qu’involontairement, ce qui est le mieux démontré dans cette œuvre est la loi de Murphy, couplé comme dit plus haut, aux mauvaises décisions de vie du personnage principal. Il en résulte que c’est plutôt efficace puisque j’ai eu par moment de furieuse envie de réagir et secouer la dame Guerbette – bon je m’implique parfois beaucoup…).

Concernant les personnages, les principaux Jocelyne et son mari Jocelyn (oui c’est mignon) sont plutôt bien construits, c’est bien un tiers du film qui est consacré à mettre en place leur histoire, leur vécu et leurs caractères. En revanche l’entourage, notamment les copines jumelles Danièle et Danièle (fallait le faire!) sont trop caricaturales à mon goût. Ça donne lieu à des scènes un peu absurdes et pas si bien connectées au reste (une course poursuite hystérique par exemple…) auxquelles je n’ai pas accroché. Toutefois je ne saurai dire si c’est relatif à l’ouvrage ou un choix du réalisateur, difficile à juger donc. Reste enfin le Père de “Jo”, qui perd la mémoire toutes les 6 minutes. C’est amusant, des fois touchant mais ça n’a aucune incidence sur le scénario: c’est du coup un peu dommage puisqu’on vient à l’oublier lui aussi.

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