August 14, 2018

Le Troisième fils de Rome. Tome 2 : Eunous, le premier Spartacus

La légende veut que les deux fils de Rhéa et du dieu Mars, Romulus et Remus, aient fondé la ville de Rome. Dans cette nouvelle série intitulée « Le troisième fils de Rome », les éditions Soleil nous proposent une fresque en cinq volumes dans laquelle il existerait un troisième fils, issu de l’union forcée entre Rhéa et le roi despote Amilius, et que cet autre enfant serait bien décidé à détruire la ville éternelle. Chacun des cinq tomes proposera de suivre l’évolution de la secte secrète du troisième fils de Rome qui a juré de poursuivre son œuvre de destruction. Le second « Eunous, le premier Spartacus » nous est tombé entre les mains.

138 avant J-C, en plein cœur de la Sicile et alors que son maître Damophile donne une fête aux allures d’orgie, l’esclave d’origine syrienne Eunous annonce à tous que sa déesse Atargatis fera bientôt de lui un roi et qu’il se fera nommer Antiochus. Sous les moqueries des convives, Eunous garde la tête haute car il a confiance en ses projets. Quelques heures plus tard, il libère les esclaves de Damophile et lance la révolte qui le couronnera roi de Sicile.

Dans un surprenant mélange de fiction et de réalité, ce second tome du Troisième fils de Rome nous laisse entrevoir un potentiel qu’il ne parvient pourtant pas à atteindre pleinement. L’idée de mêler la fiction à la réalité était séduisante et enchevêtrer la révolte d’Eunous à une conjuration secrète vouée à la destruction de Rome semblait prometteuse mais loupe malheureusement son objectif. Le scénario manque de mise en place et souffre en termes de cadence car les événements s’y enchainent à une telle vitesse que leur crédibilité en est parfois affectée. Au niveau des dessins, on sent que Dejan Nenadov est plus à l’aise avec les panoramas et l’architecture des villes qu’avec l’expressivité des visages. Le lecteur saute donc d’une case magnifique à un gros plan manquant de finesse et ce grand écart ne lui permet pas de s’immerger dans l’histoire comme il l’aurait souhaité. Néanmoins, l’éclairage historique sur une des premières contestations d’esclaves au sein de la Rome antique garde tout son intérêt car ce type d’événements reste trop souvent dans l’ombre de la révolte que mènera plus tard Saprtacus.

Le prochain tome nous fera faire un bond de cinquante ans en avant et mettra la secte du « Troisième fils de Rome » aux prises avec les généraux romains (et futurs Consuls) que furent Sylla et Pompée.

Le Troisième fils de Rome. Tome 2 : Eunous, le premier Spartacus

L'intérêt de ce second tome réside plus dans l'éclairage historique qu'il apporte sur la révolte des esclaves en Sicile que sur sa qualité artistique et scénaristique.
6.5
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