May 22, 2018

La nuit en vérité de Véronique Olmi

Véronique Olmi n’est pas une novice puisqu’elle écrit avec La nuit en vérité son dixième roman. Après avoir régulièrement abordé les liaisons amoureuses dans les coupes, elle s’attelle cette fois-ci à la relation mère-fils à travers la vie d’une famille monoparentale que l’on peut qualifier de marginale.

Cette famille pas comme les autres est composée de Liouba Popov, jeune femme russe dans le rôle de la mère, et de Enzo Popov, son fils, dans le rôle du préadolescent obèse et timide. Ils vivent ensemble dans un grand appartement de Paris où Liouba officie en tant que femme de ménage, et où ils profitent de l’absence répétée des propriétaires. L’auteur fait de ces deux personnages un duo fusionnel, dans lequel persistent de nombreuses tensions, dues entre autres aux particularités qui caractérisent chacun des deux êtres.

Et en effet, Liouba est trop jeune pour pouvoir assumer le rôle de mère, tandis que l’adolescent est le souffre-douleur de sa classe en étant soumis à de nombreux lynchages, notamment du fait de ses rondeurs et de sa différence comparé aux jeunes de son âge. Enzo tente donc de s’évader grâce à ses bouquins et en se racontant des histoires qu’il invente. A ce moment, le roman prend une nouvelle tournure en basculant dans la fiction, avec une prise de contact entre le jeune garçon et un fantôme qui hante l’appartement de la Place du Palais Royal depuis sa mort qui a eut lieu durant la guerre de 14-18.

Evoquons également l’auteur, Véronique Olmi, qui fut assistante à la mise en scène et comédienne avant de se mettre sérieusement à l’écriture. C’est peut-être de ce passé qu’elle tire sa polyvalence, puisqu’en effet, elle a écrit outre des romans, des nouvelles et des pièces de théâtre. Pour son dixième roman, elle nous gratifie d’une description poignante et attendrissante d’un jeune garçon perdu qui essaye d’aimer la vie à sa façon. Elle envisage également les relations complexes qu’il entretient avec sa jeune mère, qu’il aime par ailleurs profondément.

Après avoir reçu différents prix pour deux de ces précédents romans, Véronique Olmi confirme la qualité de son écriture à travers La nuit en vérité, qui a pour tout vous dire, touché la corde sensible de l’ensemble de la rédaction.

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