En plus de trouver des cadeaux de Noël ou de bien profiter des fêtes, vos humbles serviteurs de Conso-mag ont trouvé le temps de lire durant ce mois de décembre. Entre fantasy, polar ou roman historique, venez découvrir nos coups de cœur.

Jonathan : The Witcher, de Andrzej Sapkowski

Afin de coller avec la sortie sur Netflix de la série inspirée de cet univers, la saga The Witcher, écrite par Andrzej Sapkowski, a droit à une nouvelle édition chez Big Bang.

J’en ai profité pour découvrir la licence, que je ne connais que trop peu. Je n’avais en effet que très brièvement pris le contrôle de Geralt de Riv sur le jeu vidéo The Witcher 3.

Dès les premières pages, on est happés dans cet univers fantastique où cohabitent humains, goules, vampires et autres animaux légendaires. Pour lutter contre ces menaces, les gens font appel à Geralt, un sorceleur, mélange de guerrier et de mage.

Si l’univers créé par l’auteur polonais s’inspire de très nombreux mythes, on ne peut que saluer son talent à faire cohabiter tous les éléments, à créer un tout parfaitement équilibré. Les mots de Sapkowski, traduits en Français de belle manière par Laurence Dyèvre, sont efficaces, et le rythme proposé par l’auteur est impeccable. Mélange parfait entre description et action soutenue, The Witcher est un livre qui peut plaire à tous ! On vous le recommande chaudement.

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Matt : Le Château de Lord Valentin, de Robert Silverberg

Pour ce mois de décembre, mon choix se porte sur une œuvre parue en 1980 qui mêle science-fiction et fantasy. Un livre qui pourrait dater, d’autant plus pour ce genre, mais il n’en est rien. Ecrit par Robert Silverberg, génie absolu de la science fiction et visionnaire en son temps, Le Château de Lord Valentin se déroule sur la planète géante de Majipoor. Le personnage principal, Valentin, est le coronal désigné (équivalent à un roi) et doit exercer le pouvoir suprême. Mais victime d’un complot, il se retrouve amnésique, errant sur les routes. Devenu jongleur en compagnie d’une troupe de saltimbanques, il va emprunter la longue route jonchée d’épreuves qui le ramènera à son château afin d’y confronter l’usurpateur de son identité.

Le Château de Lord Valentin fait partie de ces grands romans d’aventure mettant en scène une quête épique dans un monde imaginaire. Ce premier tome d’une série qui en compte 6 est le meilleur du Cycle de Majipoor. On y découvre un univers très riche, Silverberg donnant moult détails sur la géographie de ce monde, ses peuples, sa faune et sa flore, son histoire, mais aussi son fonctionnement politique quasi monarchique. En bref, un dépaysement total. L’œuvre par bien des aspects, notamment dans sa critique du pouvoir, pourrait se rapprocher d’un autre chef d’œuvre littéraire : Dune. Cependant, Le Château de Lord Valentin est bien plus facile d’accès que ce dernier grâce à un récit rythmé, empli de péripéties et d’aventures qui vont permettre à notre héros de se redécouvrir et d’espérer retrouver sa place sur le trône, le tout dans un esprit plutôt bienveillant et optimiste. En cela, on pourrait presque y voir un conte pour adulte aux accents de space opera.

Même s’il date des années 80, le roman reste intemporel grâce à son monde imaginaire futuriste qui reste toujours cohérent et évite les pièges du kitsch de ce type d’histoires. Si vous êtes à la recherche d’une belle aventure qui vous fera voyager dans un monde extraordinaire mêlant la fantaisie à la science-fiction, je ne peux que vous conseiller de lire Le Château de Lord Valentin et de (re)découvrir par la même occasion cet immense auteur américain.

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Amandine : Vodka, pirojki et caviar de Monica Kristensen

Amis lecteurs de romans noirs ou thrillers norvégiens je voudrais partager avec vous un coup de cœur lu récemment : Vodka, pirojki et caviar de Monica Kristensen.

Le topo est celui, somme toute assez courant, du roman noir norvégien (danois, finlandais, vous voyez le genre) : un mort, un agent fédéral complexe, un enquête aux multiples rebondissements. Pour le coup tout est respecté avec néanmoins quelques particularités étonnantes, ce qui fait de ce livre, selon moi, un coup de cœur prédestiné.

Le début déjà … L’agent Knut Field est appelé dans la petite ville de Barentsburg pour vérifier les dires des russes concernant un accident de travail. Quoique peu en état d’y aller vu sa propension à boire plus que de raison il se rend donc dans cette ville minière en pensant rentrer très vite chez lui. Bien entendu l’accident ne semble pas si accidentel que cela … L’agent Knut, quoique pressé de rentrer chez lui rechigne quelque peu à signer les papiers accréditant la thèse de l’accident que lui tendent avec insistance le consul et le directeur de la mine. Et c’est là que tout commence !

Alors oui, bien sûr on s’attend à ce que tout ne se passe pas aussi vite que le croit l’agent Knut mais ce que nous ignorons autant que lui au début de l’ouvrage c’est la force de l’inquiétude qui va nous saisir autant que lui.

Dès le début nous sommes cernés par cette sensation omniprésente d’enfermement et d’abandon de cette ville. Nous voyons la cité minière à travers les yeux du personnage principal mais l’écriture est telle que nous la ressentons même à travers lui et c’est assez rare pour être signalé. On erre tel un fantôme entre des habitations lugubres, un froid polaire et des personnages secondaires inquiétants. Des leitmotiv reviennent, hachent le récit comme autant d’indices de la folie meurtrière du lieu, une folie meurtrière qui le parcourt d’abord de manière latente, ce qui est encore plus angoissant. On se sent proche de la folie, souvent, et on se demande à plusieurs reprises si nous ne sommes pas dans une sorte d’univers à la Shutter Island. Ce point là est vraiment le point le plus important : cette atmosphère qui gangrène tout le livre, on s’y croirait presque.

Alors oui, il y a quelques longueurs et un nombre incalculable de personnages secondaires, mais là encore le défi est relevé : chaque personnage a un intérêt, vient piquer notre curiosité, aiguiser encore notre angoisse et nos questionnements. Jusqu’au bout de multiples secrets sont dévoilés et la fin … Extra ! Une sorte d’acmé bien sordide, dégoulinante d’hémoglobine mais qui ne déçoit pas !

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Baptiste : Mille femmes blanches, de Jim Fergus

Nous sommes en 1874. Le président Grant accepte un échange pour le moins stupéfiant pour l’époque : échanger 1000 femmes blanches aux Indiens contre autant de chevaux et bisons. Néanmoins, les femmes qui partent vivre cette aventure parmi les peuples sauvages ne sont que des reprises de justice, des femmes considérées comme malades mentalement ou, dans de très rares cas, des volontaires. Nous découvrons ainsi la vie de ces squaws dans les tribus à travers les carnets de notes de May Dodd, mariée au grand guerrier Cheyenne Little Wolf.

Le fait que l’histoire nous soit rapportée par les carnets de May Dodd et des femmes blanches nous apporte un point de vue extérieur à la vie indienne. Nous vivons les difficultés d’adaptation à la vie en plein air qu’elles rencontrent, la barrière du langage, les us et coutumes qui n’ont rien en commun et sont jugées barbares et primitifs. Face à tant de nouveautés, les femmes blanches n’ont d’autres choix que de se soutenir pour s’adapter à leur nouvelle vie, ce qui les rend attachantes à nos yeux malgré leur passé souvent peu glorieux. Néanmoins, au fil des pages, nos protagoniste semblent prendre goût à leur vie malgré les difficultés initiales. Elles nouent des liens avec leurs hôtes, s’attachent à leurs maris et portent même la vie…

En plus de nous présenter la nouvelle vie des femmes blanches, le livre nous permet de découvrir les difficultés de la vie indienne et les maux qui les rongent. Leur quotidien dépend de la nature, de ce que la chasse ou la pêche leur permet de se mettre sous la dent ; du climat qui peut-être clément ou les mettre à l’épreuve ; de guerres entre clans rivaux ou encore du très fameux problème d’alcool que les peaux rouges rencontrent. Les Indiens sont persécutés et méprises par les blancs qui profitent de leur position de force.

L’histoire nous happe vraiment dans les terres sauvages d’Amérique et l’écriture nous transporte véritablement. Une belle et éprouvante plongée dans le Far-West.

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