November 18, 2018

Sans moi, de Marie Desplechin

Je dois avouer que je ne suis pas complètement convaincue par cette histoire. Une belle idée même si pas des plus originales, cette amitié entre deux femmes que tout oppose. Mais cette opposition est presque trop didactique pour véritablement faire mouche.

Et puis c’est u9782020382045n peu trop facile… Le coup de la fille complètement cabossée par la vie mais tellement forte qu’elle s’en sort toujours. Elle peut même sauver les autres d’eux-mêmes. Complètement névrosée et défaite dans la première partie du livre, elle se révèle tout à coup (sans aucun élément déclencheur) être plus forte que tous. Forte pour elle-même et forte pour les autres. Au point même que la narratrice voit en elle une « sainte ». Métamorphose qui m’a semblé complètement artificielle et facile.
Loin de moi l’idée de dire qu’il y a un déterminisme inamovible et que l’on ne peut se relever d’un passé compliqué. Je « crois » en la résilience, et pas qu’un peu. Mais ça n’est pas de la magie non plus. Et là il y a un peu tromperie sur la marchandise me semble-t-il…

Et que dire de cette complaisance dans l’invention d’un passé noir, très noir, plus noir que le charbon. Une telle complaisance que pendant un bon bout de temps, j’attendais à ce que la narratrice découvre finalement que sa baby-sitter était avant tout mythomane.

Par contre, il faut reconnaître que la description du blues de la narratrice est plutôt convaincante. Une situation plutôt correcte, des enfants qu’elle aime. Mais cette pression constante de devoir payer le loyer (amusant comme c’est cette facture-là qui revient de façon lancinante). Cette nécessité constante de s’assurer que tout fonctionne, que les enfants soient prêts à l’heure, que la maison tourne en un mot. Et cela sans arrêt, comme une vie qui s’écoule sans que l’on en voit la justification ou même seulement la satisfaction. Peut-être parce que cela me parle plus que l’enfance cabossée et les viols à répétition.

Tout simplement parce que si j’en crois la quatrième de couverture, ce livre est tiré de l’expérience même de Marie Desplechin avec une de ses baby-sitters. Peut-être sait-elle mieux décrire le personnage qui la représente que l’autre moitié du duo. Je ne sais pas. Toujours est-il que cela m’a paru sonner juste et j’ai aimé cette description à petites touches de ce mal-être qui s’installe. Après, encore une fois, le pathos revient à la charge et la crédibilité commence à s’étioler, dommage…

Un livre que j’aurais pu aimer. Mais la complaisance, les évocations gores et gratuites de scènes de sexe, un trait trop grossier n’ont pas réussi à me convaincre. Je suis passée à côté de cette lecture qui me laisse un sentiment de malaise diffus et non le beau souvenir d’une amitié féminine qui était, si j’ai bien compris, le propos de l’auteur.

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