May 25, 2018

Moto Racer 4, la déception de ses aînés

Le dernier opus de la saga Moto Racer datait d’il y a 15 ans et avec la disparition du studio original Delphine Software International en 2004, nous avions perdu espoir de voir resurgir un jour un jeu qui nous avait pourtant laissé de bons souvenirs. C’était sans compter sur Microïds qui a décidé de ressusciter la licence en nous proposant un Moto Racer 4. Une bonne idée ? Pas vraiment…

Arcade, fun, …

La première bonne surprise quand on lance Moto Racer 4 est de retrouver le côté arcade et fun assumé qui avait fait dans le temps le succès du jeu et le plaisir des joueurs. Pas besoin de doser les gaz, de trouver l’équilibre parfait sur la moto ou le petit point de friction qui permettra de prendre le virage parfait, on est avant tout là pour s’éclater et pas pour faire dans le réalisme. Entre l’accélérateur enfoncé en permanence, les nombreux coups de boost via wheeling qu’on s‘autorise et les petites embardées (comprenez les coups de manchon qu’on donne à l’adversaire pour l’envoyer dans le fossé ou vers un semi-remorque lancé à pleine allure), l’esprit arcade est toujours bien présent !

Dans le rayon des bonnes surprises, on  notera également la diversité des types de victoire sur certaines courses du mode carrière. Au-delà du sempiternel « gagner la course », il nous sera parfois demandé de rattraper la meute partie avec quelques centaines de mètres d’avance ou on nous informera que le dernier sera éliminé à intervalles réguliers. Ce n’est pas grand-chose mais ça a le mérite de diversifier un peu le gameplay. Une autre nouveauté est, toujours en mode carrière, de devoir parier sur son résultat dans la course. Il est ainsi possible de prédire que nous finirons troisième (ce qui ne rapportera par contre qu’une étoile sur les trois possibles) ou de choisir de laisser 100, 200 ou 300 mètres d’avance aux concurrents que nous devrons rattraper. Si nous dépassons notre objectif (et finissons par exemple premier au lieu de troisième), nous ne gagnerons pas plus d’étoiles que celles de notre pari. C’est un peu frustrant mais ça ajoute un peu d’intérêt. A vous d’être le meilleur Dominique Lehmann possible (phrase à lire en zozotant) !

… et déception

Malheureusement, ces quelques points positifs ne sont que l’arbre qui cache une belle forêt de défauts. Premièrement, le type arcade, c’est bien mais là, c’est un peu trop. La prise en main est certes rapide et facile mais justement un peu trop facile ! Une fois qu’on maîtrise la moto, il n’y a plus vraiment de challenge et il faut être une sacrée brêle pour se crasher. Toujours sur le fonds, on notera une gestion de la difficulté diablement mal calibrée. Sur certaines courses, nous prenons aisément une confortable avance que même quelques sorties de piste (parfois volontaires) ne parviennent pas à faire fondre alors que sur d’autres, nos concurrents semblent disposer de motos lunaires impossibles à rattraper en dépit d’une conduite irréprochable. Sur d’autres encore, nos opposants semblent réellement nous attendre. Malgré une course pépère, on retrouve la moto qui avait filé en première place gentiment arrêtée sur le bas-côté. Bref, une IA joueuse (qui a dit tricheuse ?) qui laisse perplexe. Et tout ça, c’est sans compter les quelques bugs qui sont venus pourrir l’une ou l’autre course.

Sur la forme, les graphismes ne sont clairement pas à la hauteur de ce que les consoles next-gen sont capables d’offrir. Ce n’est pas d’une laideur sans nom mais on sent que ça a été un peu bâclé quand même. Quant à la bande-son, elle est rédhibitoire. Les sons n’ont pas été suffisamment travaillés et, ne nous le cachons pas, on a la désagréable impression d’avoir un frelon coincé dans le conduit auditif. Même les plus courageux finiront le jeu en mode mute.

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