July 18, 2018

Need for Speed, un reboot mitigé

En plus de Star Wars Battlefront, EA a profité de la fin de l’année pour placer une autre licence forte dans les plannings. Avec Need for Speed, le géant américain tente un énième reboot de sa licence de jeu de course après plusieurs déceptions critiques et, dans une moindre mesure, commerciales. Pour ce nouvel épisode, les développeurs ont pioché dans leurs réserves, tentant de se rappeler aux bons souvenirs des joueurs, et se sont directement inspirés des opus Underground, toujours considérés par les fans de la saga comme figurant parmi les meilleurs.

Dès les premiers instants de jeu, on retrouve ce qui est l’essence même de la série. Une séquence réalisée avec de vrais acteurs, filmée à la première personne comme si nous étions le mystérieux pilote qui va être la star de cette aventure. Couleurs hyper saturées, lumières et gyrophares des voitures de police qui clignotent en arrière-plan, dialogues de films au rabais (volontaires ou non, on se pose encore la question) : tout est là pour rappeler aux joueurs leurs courses du passé. Le rendu est intéressant, mais la faiblesse du scénario et du jeu d’acteurs rend malheureusement très rapidement ces séquences énervantes.

Puis on glisse doucement vers le jeu à proprement parler. Graphiquement, c’est vraiment très beau. A l’image de ce qui se faisait avec Underground, l’action de cet épisode se déroule de nuit uniquement. Un énorme travail a été accompli par les développeurs pour bosser sur certains points cruciaux que sont les effets de lumière, les reflets sur les carrosseries et routes humides. De ce côté, c’est une réussite totale. La modélisation des véhicules n’est pas en reste puisque chacun des 50 bolides présents sur la galette sont parfaitement recréés virtuellement. Des modèles basiques jusqu’à la mythique Aventador de Lamborghini, chaque modèle a bénéficié d’un très grand soin, et ça se ressent. Traverser les rues de Ventura Bay et pouvoir apprécier les effets de lumière sur la carrosserie est un vrai plaisir. Du côté des déceptions, on peut regretter que le jour ne se lève jamais et qu’on ne puisse pas profiter des décors avec un brin de soleil. Les mauvaises langues diront qu’il s’agit là d’une façon de se simplifier la vie pour les développeurs – en proposant un boulot sur les textures et décors moindre. Plus gênant selon moi, c’est l’absence de vie dans les rues de la ville qui pose problème. Le trafic est beaucoup trop peu important, et les moments de slaloms entre les voitures comme à la grande époque de Burnout sont extrêmement rares. Même les flics, élément central de la saga, sont extrêmement rares, et on est bien souvent obligés de les chercher pendant de longues minutes pour pouvoir lancer une petite course-poursuite. Ce qui est quand même un comble.

Les courses-poursuites avec la police sont donc légèrement mises en retrait, même si elles restent présentes et qu’une partie des défis de l’aventure est liée à cela. Globalement, le titre propose un contenu assez limité en termes de contenu. On alterne entre courses (Sprint, d’un point A à un point B, ou classiques avec plusieurs tours), drift (à qui fera les plus beaux dérapages) ou une combinaison des deux. Et c’est à peu près tout… On aurait aimé un plus d’originalité et de variété pour ne pas se lasser trop rapidement, ce qui est malheureusement le cas. Et ce ne sont pas les quelques collectibles parsemés à droite à gauche sur la carte, relativement petite en comparaison de softs comme Forza Horizon 2 par exemple, qui vont apporter un peu d’excitation supplémentaire.

Concernant le gameplay, il est comme toujours dans la série très orienté arcade. On relâche très rarement l’accélérateur, et il est bien souvent préférable de drifter dans un virage que de réellement ralentir, ce qui demande pas mal d’entraînement pour être maîtrisé totalement. Les sensations s’acquièrent assez vite mais on n’a pas retrouvé le même plaisir instantané que par le passé. Même si c’est très arcade, un véritable temps d’apprentissage est nécessaire pour pouvoir enchaîner de beaux dérapages et négocier des courbes idéales. Vous n’avez pas fini de vous taper les rebords des parcours pendant les courses ! Heureusement (ou pas, c’est selon) l’I.A. du titre ne vous donnera pas trop de fil à retordre puisqu’elle a une fâcheuse tendance à lever le pied quelques mètres avant l’arrivée, permettant de gratter des places assez facilement.

Enfin, lâchons un petit mot sur deux points excessivement énervants d’un point de vue technique. Le premier, complètement honteux, c’est la présence d’un bug au niveau du chargement initial du soft. Nous avons du relancer 5 fois le jeu pour pouvoir enfin y jouer ! Notez également qu’une connexion permanente est nécessaire pour pouvoir lancer le titre, faute de quoi vous resterez bloqués à l’écran titre. Des joueurs réels figurent en effet dans la partie (avec la possibilité de les défier en les croisant), mais on aurait aimé pouvoir désactiver l’option. Enfin, on aurait aimé pouvoir cliquer sur « recommencer » pour relancer une course à laquelle on aurait échoué plutôt que de devoir absolument retourner jusqu’au départ. Dommage.

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