September 23, 2018

On dirait nous, de Didier van Cauwelaert

on-dirait-nousPublié aux éditions Albin Michel, « On dirait nous » est le dernier roman du très prolifique Didier van Cauwelaert. Le récipiendaire du prix Goncourt 1994 pour « Un aller simple » nous livre ici un roman d’amour où se mêlent rencontre intergénérationnelle, ethnologie et quête de l’immortalité.

Illan et Soline sont un jeune couple amoureux, passionné et fougueux (ce n’est rien de le dire). Lui est un jeune homme un peu paumé qui se laisse porter par la vie, survit grâce à quelques combines immobilières et a des rêves de développements bioéthiques plein la tête. Elle est une violoncelliste de talent dévastée lorsque qu’on lui reprend son Goffriller 1701 dont elle tire des sonorités uniques. Alors qu’ils s’apprêtent à rejoindre le square Frédéric Dard, théâtre non-exclusif de quelques moments d’intimité volés à leurs difficultés quotidiennes, ils constatent qu’un couple de personnes âgées y a pris ses quartiers pour un petit pique-nique. « On dirait nous à leur âge », s’exclame spontanément Soline, une phrase qui posera les jalons de la relation qui se nouera entre ces quatre personnages atypiques et qui oscillera bien vite entre tendresse bienveillante et malsaine immixtion, le tout sur fond de potlatch immodéré. Une rencontre improbable à l’issue incertaine.

Sans aucun doute, « On dirait nous » est un vrai van Cauwelaert. On y reconnaît la patte de l’auteur ainsi que tous les éléments qui s’y distinguent généralement : une histoire non-dénuée d’originalité, des personnages attachants et surtout, une  écriture maîtrisée de bout-en-bout. Mais voilà, en dépit de l’excellente plume, l’histoire en elle-même peine à convaincre. Quelques invraisemblances dans les dialogues et dans les réactions des protagonistes compliquent l’identification aux personnages. Même un lecteur de la meilleure volonté ne pourra s’empêcher de tiquer face à telle ou telle incongruité et de reléguer certains personnages au rang de victimes consentantes d’une situation qui leur déplaît mais face à laquelle ils restent désespérément inactifs. « On dirait nous » est plus un bel ouvrage qu’un bon ouvrage.

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