May 25, 2018

PES 2017, une bonne alternative ?

Depuis quelques années, le tendance journalistique veut que chaque nouvel épisode de la série Pro Evolution Soccer soit mis en avant comme celui qui pourrait redonner ses lettres de noblesse à la saga. Celui qui pourrait rétablir l’équilibre dans la Force, façon Anakin Skywalker du jeu de foot. C’tait le cas en 2015, encore un peu plus avec l’opus 2016, mais on avait quand même fini par passer l’année à poncer FIFA plutôt que le titre de Konami. Avec PES 2017, il y a de bonnes raisons de penser que la balance pourrait continuer à s’équilibrer encore un peu plus. Test complet.

Mes que un club. Tout adorateur de football connait ces inscriptions floquées sur les tribunes du Camp Nou, le stade du FC Barcelone. Le club catalan est cette année le partenaire privilégié de Konami et cela se ressent dès la cinématique d’introduction du jeu, vraiment exceptionnelle. On y découvre des stars modélisées à la perfection, les visages de ces derniers n’ayant rien à envier à la concurrence. Puis l’hymne du club résonne dans les travées du stade, Messi et Neymar enchaînent les dribbles tandis que Suarez convertit les caviars lâchés par Iniesta et Rakitic. Bref, le ton est donné, et il est très bon.

Les licences aux abonnés absents

Si Konami a noué de beaux partenariats, il n’en reste pas moins vrai qu’il s’agit d’un cache-misère qui peine difficilement à faire oublier l’évidence. PES se fait pulvériser par FIFA en termes de licences, et l’éditeur nippon est à la peine pour s’aligner sur l’appétit d’ogre d’Electronic Arts. Ainsi, on se retrouve avec des ligues anglaises et espagnoles ou seuls Arsenal, le Barça et l’Atletico sont sous licence. Pour tout le reste, il va falloir compter sur les magnifiques Merseyside Blue, Man Red et autres joyeusetés du genre. En Italie, même topo puisque la Juventus (enfin, PM Black White devrais-je dire) et Sassuolo ont droit à des noms et tenues dégueulasses. Pire, on note que le championnat allemand est purement et simplement absent, Dortmund, Schalke 04 et Lerverkusen étant reversés dans les « autres clubs ». On note carrément l’absence totale du Bayern Munich, pourtant une des équipes les plus appréciées au monde. Très clairement, ça la fout mal. A côté de ça, qui dit absence de licences, dit aussi équipements non officiels. On se retrouve donc avec des tenues qui n’ont parfois pas grand-chose à voir avec les originaux, comme Man Red (Manchester United donc) qui n’a même pas un seul maillot rouge… Dur. Pour les plus courageux, il existe encore et toujours la possibilité de se diriger vers le menu Modifier pour retoucher le tout, mais le jeu souffre de la comparaison avec son illustre rival à ce niveau, très clairement. C’est d’autant plus regrettable que les licences de la Ligue des Champions et de l’Europa League sont belles et bien présentes. On a beau avoir le magnifique hymne dans les oreilles, ça sonne un peu creux sans les équipes réelles.

Un gameplay évolutif

En passant outre ce gros point noir, on plonge dans un jeu réellement intéressant à jouer. PES 2017 a su faire évoluer la saga tout en conservant ce qui fait son ADN depuis des années. On se retrouve donc avec une prise en main immédiate, qui va permettre aux débutants – ou ceux qui voudraient revenir à leurs premiers amours – de se confronter directement à des joueurs un peu plus aguerris. Bien évidemment, la marge de progression est énorme, mais le plaisir de jeu immédiat est bel et bien là. Le jeu offre un très bon compromis entre attaque et défense, avec un secteur défensif en net progrès par rapport à l’édition précédente. Les gardiens notamment ont bénéficié d’un soin particulier pour être enfin un peu plus efficace, et ce n’est pas un luxe. On assiste aussi avec plaisir à la mise en place de l’Adaptive AI de Konami, qui apprend en fonction de votre style de jeu au fil de la partie, et qui met ainsi en place des stratégies pour mieux vous contrer.

Si globalement, le rythme de jeu un peu plus lent que par le passé nous a beaucoup plus, permettant notamment de mieux construire ses actions, d’autres aspects nous ont un peu plus gêné. La première, c’est le taux de réussite des centres dans cette nouvelle mouture, surtout en ce qui concerne les centres tendus. Ils sont plus que jamais l’arme fatale, et cela devient carrément gênant lorsqu’on a droit à un combo d’un bon centreur et d’un bon finisseur. On finit par tenter/conclure beaucoup trop d’actions de la sorte, Adaptive IA ou pas. Nous n’avons pas été trop fans non plus de la façon dont l’arbitre gère les rencontres, avec des tacles parfois très bien calés qui finissent en carton jaune, voire rouge, alors que certains contacts « naturels » entre deux joueurs (sans que la touche de tacle n’ait été utilisée) coupent parfois totalement des actions, sans conséquence. Il ne sera donc pas rare qu’un défenseur vienne se télescoper dans votre attaquant, annihilant totalement une action de but sans broncher, signant ainsi la fin de l’amitié entre vous et le désormais parfait étranger qui squatte à côté de vous sur votre canapé.

Darren, Castolo & Cie

Dommage, car du côté des modes de jeu, PES 2017 fait le taff, comme toujours. On retrouve bien évidemment la traditionnelle Ligue des Masters, toujours aussi intéressante quand on s’y plonge corps et âme, même si celle-ci perd là aussi une partie de son intérêt du fait de l’absence des licences. On a toujours droit au mode Vers une Légende, ainsi qu’aux traditionnelles compétitions, en ligne comme en solo. Bref, il y a de quoi faire !

Enfin, un petit mot sur la partie technique du jeu. Mention spéciale aux visages des joueurs, véritablement magnifiques et qui remportent cette année le duel à distance face à FIFA. Du moins pour les joueurs stars, les joueurs lambda n’ayant pas bénéficié du même traitement. Globalement, l’impression visuelle est belle, avec des effets de lumière vraiment jolis et bien améliorés par rapport à l’épisode précédent, notamment pour les matchs joués en journée. Les animations sont peaufinées également, mais on reste selon nous très loin de la fluidité des mouvements proposée chez EA. Côté ambiance sonore, on est sur quelque chose de très bon, avec des bruitages et une ambiance dans le stade bien fichue. On regrette simplement que le duo de commentateurs Grégoire Margotton / Darren Tullet ne soit pas meilleur, la faute à un texte assez mal écrit globalement.

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