September 26, 2018

San Andreas

A chaque année son lot de film catastrophe. Si en 2014 nous avions eu droit au pitoyable Black Storm, le cru 2015, nommé San Andreas, ne risque pas de relever le niveau du cinéma catastrophe, un genre qui porte bien son nom.

Porté par Dwayne  »The Rock » Johnson, au top de la popularité depuis qu’il a rejoint la saga Fast and Furious, San Andreas, réalisé par Brad Peyton, se base sur un danger bien réel : l’ouverture de la célèbre faille de la ville de San Andreas aux Etats-Unis. Et c’est bien la seule chose de réaliste dans le film, le reste n’étant qu’actes héroïques complètements improbables du nouveau monsieur muscle de cinéma hollywoodien. Le Rock joue donc ici le rôle d’un bon père, américain jusqu’au bout des ongles, séparé de sa femme, il est pilote d’hélicoptère de secours et passe son temps à sauver des vies. Coup de chance, la faille de San Andreas s’ouvre. Notre père de famille héroïque va alors pouvoir sauver un paquet de vie, ainsi que celle de son ex-femme, et de sa fille par la même occasion. Ah quel brave homme ce Dwayne !

Derrière ce synopsis bien pauvre on découvre des personnages stéréotypés qui n’ont pas grand chose à raconter. Dwayne joue donc le père modèle capable de tout pour sa fille, c’est aussi un bon américain capable de faire évacuer une vingtaine de personnes entre deux chutes de bâtiments et dont la seule réponse à n’importe quel problème est « j’arrive ». Sa fille jouée par Alexandra Dadarrio (une belle brune dont certain sont encore hanté par son court passage dans la série True Detective) sert surtout de faire valoir scénaristique et à exposer sa jolie paire…d’yeux. Mauvaise actrice mais pas désagréable à regarder, son personnage fait le lien entre le père et la mère (Carla Gugino) récemment séparés. Derrière ce film catastrophe, le scénariste Carlon Cuse (Lost) tente de développer un drame familial calamiteux. On essaye constamment de nous donner des explications sur la séparation de ces deux personnes par des dialogues vides, aussi ravagés que la ville, remplis de bons sentiments mais d’une débilité sans nom. A aucun moment on a vraiment envie d’en savoir plus sur leur vie tellement la narration est stupide et incohérente par rapport à l’ambiance général du film.

J’entends déjà arriver les contres-arguments des bouffeurs de pop-corn avides de ce genre de nanard, du genre : « oui mais on va pas voir ce genre de film pour le scénario, c’est un divertissement ». Est-ce au moins un bon divertissement ? A peine. Certes le film passe dans son ensemble assez vite, mais c’est du déjà vu constant, avec une surenchère dans la démolition. Le problème c’est que ce n’est même pas spectaculaire. Pire encore, les effets spéciaux sont moyens. Le tout sonne vraiment années 90 et dans un sens c’est la seule chose qui pourrait faire le charme de San Andreas qui rappelle les vieux films catastrophes. Alors on ne s’ennuie pas vraiment, et en partant du principe de prendre le film au second degré alors on pourrait presque s’amuser un peu, parfois même on rit (mais plutôt pour se moquer). Malgré tous ces défauts ça se laisse regarder, en partie grâce à un acteur qui, s’il n’a pas une palette d’émotions extraordinaire, possède un certain charisme il faut le reconnaître. Dommage que le happy end ultra-américain d’une lourdeur à vomir gâche le peu de plaisir que l’on peut prendre devant le film.

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