TEST – Animal Crossing : New Horizons a ruiné ma vie, et j’adore ça !

A chaque sortie d’un nouvel épisode de la saga Animal Crossing, c’est la même chose : la communauté s’enflamme, avide de découvrir ce que leur réserve Tom Nook, l’un des personnages principaux du jeu, pour cette cuvée. Moi, de mon côté, je ne comprends pas comment couper des arbres et pêcher des carpes à longueur de journée peut fasciner autant de monde. Cette année, j’ai donc décidé de relever le défi et de faire un plongeon dans cet univers. Enquête exclusive.

Rendez-vous en terre inconnue

Le confinement, ça a du bon. On est coincés à la maison avec ma femme et, forcément, on n’est pas contre faire de nouvelles découvertes pour faire passer le temps. J’ai donc décidé de lui faire découvrir, en même temps qu’à moi, Animal Crossing : New Horizons. Ensemble, nous avons construit l’empire insulaire ultime, la parfaite île de vacances, où petits et grands peuvent passer le meilleur temps de leur vie… Oui, on a un problème. Mais on adore ça.

Animal Crossing : New Horizons nous fait quitter les traditionnels villages que la série nous a habitué à construire. Désormais, c’est une île déserte qu’il va s’agir de coloniser. Pour commencer, ce sera uniquement vous, deux autres habitants, ainsi que Tom Nook, Méli et Mélo, des employés de Nook Inc. chargés de veiller à votre bien-être (et de vous extorquer des milliers de clochettes, la monnaie du jeu). On commence en vivant sous une tente, en franchissant les rivières grâce à une perche puis, rapidement, on va se mettre à construire maisonnettes, ponts et autres joyeusetés.

Comme toujours, il est bien évidemment possible de personnaliser son domicile, en changeant l’ameublement mais aussi les murs, le sol ou encore la toiture. Mais en plus de cela, c’est toute la partie extérieure qui va occuper une grande partie du temps des Valérie Damidot en herbe que nous sommes. Clôtures en bois, chemins pavés, mais aussi toutes sortes de zones à créer sont autant de buts complètement incompréhensibles que l’on se fixe. « Et si je réussissais à fabriquer un petit parc pour enfants dans ce coin de l’île ? » ou « Chérie, construisons une aire de camping dans cette forêt, ça sera trop bien pour Vanessa et les autres ! » sont autant de phrases que vous allez vous surprendre à lancer dans le salon, entre deux séances de sport à domicile.

Pêche et poches

Au rayon des phrases étranges qui résonnent désormais dans notre appartement depuis la sortie de ce nouveau Animal Crossing, de nombreuses sont liées à Thibou, le conservateur du musée que nous avons érigé sur l’île de Pechito. Celui-ci est chargé de recenser tous les poissons et insectes de l’île, mais tient également une magnifique section archéologiques dans laquelle il entrepose les fossiles que l’on découvre. Ainsi, il n’est pas rare désormais, avant d’aller se coucher, que l’un d’entre nous lance quelque chose qui ressemble à « Bébé ! Thibou va être trop content, j’ai enfin réussi à attraper un poisson-ruban, il est ENORME ! VIENS VOIR ! ». Et on se retrouve le lendemain matin avec des valises sous les yeux plus grosses que celles que l’on aurait emmené en voyage si on n’était pas bloqués à la maison, parce qu’on a continué à pêcher pendant deux heures supplémentaires au lieu de dormir, en pensant être en veine.

Animal Crossing : New Horizons inclut également des fonctionnalités communautaires, permettant d’aller rendre visite à ses amis sur leurs îles respectives, ou de leur envoyer des lettres et cadeaux – dans l’espoir qu’ils vous renvoient l’ascenseur occasionnellement. On fait des petits voyages, on va applaudir à côté de Fanny parce qu’elle a un beau jardin, on va voler discrètement un cocotier à Arthur, on va frapper Alex dans le visage avec un filet à papillon avant de s’excuser en lui plantant un coquelicot à côté de la place du village.

Animal Crossing, c’est un état d’esprit. L’apologie du banal, la vie standard mise sur un piédestal. Les jeux vidéo aiment en général à nous faire vivre des aventures incroyables, nous glisser dans la peau de héros et d’héroïnes capables de sauver le monde une bonne quarantaine de fois dans la même semaine. Tom Nook et sa bande font tout l’inverse. Il nous font vivre la vie de nos grands-parents, nous font trimer dans les champs pour planter des navets jusqu’à pas d’heure, nous emmènent en forêt pour couper des arbres par dizaine, nous forcent à bosser comme des forcenés pour rembourser le crédit de notre baraque. Et on adore ça. Je ne comprenais pas pourquoi les gens adoraient Animal Crossing avant de m’y plonger. Je ne comprends toujours pas plus aujourd’hui. Mais je suis l’un des leurs, et j’adore ça.

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