TEST – The Suicide of Rachel Foster

Un protagoniste principal qui se retrouve bloqué par une tempête de neige dans un hôtel déserté… ce scénario ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? The Suicide of Rachel Foster est un walking simulator à la première personne explorant le genre du thriller/horreur, dans la lignée des fameux Gone Home ou Firewatch. Mais le jeu fait-il aussi bien que ses prédécesseurs ?

Un histoire intrigante

Le joueur se glisse dans la peau de Nicole, une jeune femme qui à la mort de ses parents retourne dans l’hôtel dans lequel elle a grandi, dans le but de mettre le bien en vente. Dès le début du jeu, on comprend que son père a eu une relation avec une certaine Rachel, que celle-ci s’est suicidée et que Nicole et sa mère ont quitté la ville. 

Tous ces événements se sont déroulés il y a 10 ans de celà, et on comprend très vite que Nicole est encore hantée par ce qui s’est passé. Elle avait pour projet de quitter les lieux le plus vite possible ; c’était sans compter la tempête de neige “historique” qui l’empêchera de repartir. 

Durant une dizaine de jours, Nicole devra alors se plonger dans les tréfonds de l’hôtel abandonné, explorant également les sombres recoins de son passé, jusqu’au dénouement qui la forcera à faire face à la vérité, révélant alors ce qu’il s’est réellement passé 10 ans plus tôt.

Si le scénario semble prometteur, le dénouement souffre d’être un peu trop prévisible. De plus, malgré le disclaimer qui apparaît au tout début du jeu, certains thèmes sont abordés d’une façon qui ne fait pas l’unanimité… mais laissons le joueur se faire sa propre idée au fur et à mesure que l’histoire se dévoile.

Le gros point fort du jeu : l’ambiance

Tout au long des 3h de jeu, Nicole et le joueur devront explorer l’hôtel désert. Nicole aura un seul contact avec l’extérieur : via un téléphone, c’est Irving qui la guidera tout au long du jeu. Irving est un agent de la FEMA (Federal Emergency Management Agency), un organisme ayant vocation à assister la population en situation d’urgence. Au début, il conseillera Nicole sur comment allumer l’eau chaude ou comment trouver de quoi se nourrir. Mais son rôle sera amené à évoluer, étant donné qu’il est le seul à qui Nicole peut parler.

Ainsi, le décor est planté : naviguer à travers les couloirs de cet hôtel se révèle très vite angoissant. Outre le scénario à la Shining, le jeu joue sur les éléments visuels mais surtout sonore pour vous maintenir dans une atmosphère pesante en permanence, effrayante à certains moments. 

Visuellement, si certains endroits sont tout à fait “normaux”, il y a des ailes entière dont les moisissures sur les murs, les tâches d’humidité, les charpentes abîmés par la tempête ne disent rien qui vaille. 

Au niveau sonore, l’environnement est rempli de craquements, de grincements, de claquements, si bien que l’on a du mal à savoir si il y a finalement quelqu’un ou quelque chose d’autre dans l’hôtel, ou si nos sens nous jouent des tours. The Suicide of Rachel Foster joue sur les sens, et parvient à happer le joueur dans son ambiance si particulière.

Quelques faiblesses au niveau du gameplay

Le plus gros défaut du jeu, c’est le rythme. C’est un walking simulator ; tout ce qu’on attend du joueur, c’est de se balader dans l’hôtel. Les phases d’exploration sont entrecoupées des conversations avec Irving… et c’est à peu près tout. L’hôtel étant immense, on passe plus de temps à arpenter des couloirs vides qu’à fouiller des pièces à la recherche d’indices, et le moins qu’on puisse dire, c’est que Nicole n’est pas rapide. Il y a bien une poignée d’objets à utiliser : un Polaroid et une  dynamo pour faire de la lumière, un microphone pour détecter les bruits étranges, mais ceux-ci sont largement sous exploités. Ils s’utilisent trop peu, uniquement à quelques moments choisis du jeu. Donc niveau interactions, le jeu est assez pauvre.

De même, The Suicide of Rachel Foster souffre d’un petit problème de rythme : durant les 3h, le jeu va se montrer relativement avare en termes d’indice, pour que tout se révèle dans les 30 dernières minutes. Alors que justement, distiller les informations de manière plus uniforme tout au long du jeu aurait peut-être permis de casser le côté monotone dû au manque de sollicitation du joueur.

En conclusion, The Suicide of Rachel Foster est un relativement bon walking simulator, avec un scénario mystérieux porté par une ambiance réussie. Cependant, les non-initiés au genre auront tendance à s’impatienter face au manque de dynamisme du gameplay. Le jeu peut valoir le coup, à condition de savoir dans quoi on s’embarque.

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