Vous souvenez-vous de cette terrible sensation quand, enfant, assis tranquillement en bord de mer à faire des châteaux de sable, un gamin venait piétiner dédaigneusement votre oeuvre ? Entre rage et tristesse, vous vous demandiez : mais pourquoi ? Jouer à ce remake de XIII, c’est retrouver cette sensation. Pourquoi avoir massacré une oeuvre qui, à l’origine, était si géniale ? Parfois les remake apportent du bon (comme pour la licence Spyro ou Crash Bandicoot) en dépoussiérant l’original et en allant au bout de la vision de leurs créateurs qui, à l’époque, se trouvaient limités aux possibilités technologiques. Parfois les remake n’en sont pas vraiment, sortes de machine à fric qui surfent sur la vague de la nostalgie (Mario 3D All-Stars). Et puis, il y a ceux qui, dans leur objectif de faire peau neuve, ne font que massacrer le jeu original. Ce remake de XIII appartient à cette dernière catégorie.

Badaboum !

Il y a 17 ans, Ubisoft adaptait en jeu vidéo la superbe BD signée Jean Van Hamme et William Vance. Alors que l’univers des FPS n’était pas encore aussi large qu’aujourd’hui, le titre avait marqué les esprits avec sa direction artistique qui optait pour le cell shading afin de coller au mieux avec l’esprit de la bande dessinée, la nervosité de son gameplay, et son scénario bien ficelé qui faisait voyager, tel un bon film d’espionnage, son héros tatoué dans divers environnements. Il y a peut-être de la nostalgie dans tout cela, mais nous, à la rédaction, on aime particulièrement ce titre. Alors quand un remake a été annoncé, l’espoir de parcourir à nouveau les niveaux de XIII remis à neuf, c’était franchement excitant. Malheureusement, l’excitation a laissé place à la désillusion.

Pour rappel, XIII est un thriller politique qui nous plonge dans un complot autour de l’assassinat du Président Sheridan. Le jeu (comme la BD) débute sur une plage, un homme est découvert inanimé, le torse nu marqué du chiffre XIII. C’est ce tatoué amnésique que le joueur incarne, personnage principal de l’intrigue, accusé de l’assassinat du Président et plongé dans un machiavélique complot. En quête de vérité et d’identité, il va se retrouver aux prises avec des hommes armés qui tentent de l’abattre, et le FBI qui veut lui mettre le grappin dessus. Vont s’enchaîner alors une alternance de séquences d’infiltration et de scènes d’action rythmées dans des paysages variés.

Ce que l’on remarque d’emblée avec ce remake, c’est que la narration n’a absolument pas changée. Tout s’y déroule de la même manière, à la ligne de dialogue près. En gardant même le cliffhanger qui avait frustré tant de joueurs. Malheureusement, la manière de raconter a pris un sacré coup de vieux en 17 ans (même si le doublage français est toujours costaud). Pire encore, les animations sont à peine dépoussiérées voire alourdies, avec des personnages aux mouvements saccadés dont les lèvres ne sont quasiment jamais synchronisées avec le doublage. Ce ne sera que le début des problèmes.

Ouch !

De niveau en niveau, nous avons été confrontés à de trop nombreux problèmes. S’il n’est pas possible de tous les citer (il y en a plus que 13), attardons nous sur quelques uns. Le plus flagrant étant les saccades et autres retards d’affichage qui viennent perturber (pourrir) l’expérience de jeu. A cela s’ajoute des bugs de son ou de collisions. En bref, rien n’est fait pour donner envie de se plonger dans l’aventure. Et quand bien même le joueur voudrait passer outre ses défauts, il se retrouve rattraper par des scripts qui ne se lancent pas, n’ayant alors plus qu’une seule solution : laisser mourir XIII pour recommencer.

Aussi, ce que l’on attend d’un remake, c’est qu’il donne un coup de neuf à l’aspect graphique sans dénaturer la direction artistique d’origine. Là encore, XIII remake se plante. Si le jeu originel affichait un cell Shading somptueux pour rendre hommage à la bande dessinée, les développeurs ont fait ici le choix de mêler cell Shading et décors 3D pour un résultat franchement médiocre. Le résultat est étrange, totalement à l’opposé de l’état d’esprit bande dessinée assumée du titre de 2003, et pas particulièrement flatteur pour la rétine (si ce n’est quelques effets de lumière ci et là). Pire encore, les fameuses onomatopées (le pan ! d’un tir, le boom ! d’une explosion) dans le plus pur style BD ont quasiment disparues. C’est ce qui s’appelle renier un héritage.

Enfin, histoire d’enfoncer encore un peu plus le couteau dans la plaie, le gameplay ne convainc pas. Si l’on peut apprécier l’ajout d’une roue de sélection des armes qui ajoute une certaine ergonomie, ou la possibilité de courir, le reste est totalement mou et rigide. Notamment lors des gunfights, où l’absence de recul des armes rend absentes toutes sensations. D’autant plus que la visée semble la même pour toutes les armes. A ce gameplay maladif s’ajoute une IA risible, avec des ennemis qui vous foncent dessus sans cesse ou qui ne meurent d’une balle dans la tête qu’une fois sur deux. En phase d’infiltration c’est encore plus drôle (ou pas), puisque les ennemis ont, soit la capacité de vous repérer à des kilomètres, soit de vous ignorer même si vous êtes quasiment face à eux.

Arrêtons ici le massacre, vous l’aurez compris, tout est à jeter dans ce jeu. Edité par Microïds, et développé par Playmagic, XIII remake semble ne pas être terminé. Editeur comme développeur ont promis de remédier à cela grâce à des correctifs, bon courage à eux car, au-delà d’une mise à jour, c’est tout le jeu qu’il faudrait revoir à zéro. Mieux vaut donc se replonger plutôt dans l’original, la sensation de nostalgie n’en sera que meilleur.

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