May 25, 2018

Transcendance

«Transcendance: ce qui existe au-delà du monde. Passer au-delà, surpasser ». La définition de la transcendance est, sur le papier, une belle promesse pour un film de science-fiction. Mais qu’en est-il dans la réalité ?

Réalisé par Wally Pfister, le directeur de la photographie attitré de Christopher Nollan, Transcendance raconte l’histoire de Will Caster (Johnny Depp), un scientifique qui cherche à concevoir une intelligence artificielle dotée de conscience et capable de réfléchir de manière autonome. Ces travaux ne sont pas du goût de terroristes anti-technologies qui voient dans ce projet (et à juste titre) une menace pour l’humanité, et ils vont donc assassiner Will Caster. Sa femme, Evelyn Caster (Rebecca Hall), va se servir de ses travaux pour transcender l’esprit de son mari dans un ordinateur. Pouvant désormais contrôler tous les réseaux liés à internet , il devient quasi omnipotent. Plusieurs questions se posent alors : comment l’arrêter s’il perdait ce qui lui reste d’humanité ? Avouez que ce synopsis donne plutôt envie. Le sujet est large et peut servir à une vraie réflexion sur les avancées technologiques et leurs conséquences. Malheureusement la question ne sera jamais vraiment creusée durant le film et c’est là son plus gros défaut. Mais tout n’est pas à jeter.

Descendu par les critiques américaines, la presse française a suivi le mouvement. Et je dois avouer que je trouve ce bashing un peu fort et c’est ce qui m’amène à pousser un petit coup de gueule envers nos chers amis critiques. En effet, le film tant critiqué n’est pas si mauvais que ça et ne mérite pas toute cette haine. Ce qui est assez drôle c’est de voir que ceux qui crient au scandale pour ce film sont les mêmes qui ont qualifié Noé de chef d’œuvre iconoclaste et intemporel (oui rien que ça), qui ont vu en Godzilla le renouveau du film de monstres, et pourtant on a bien vu à quel point ces films étaient plus que médiocres. Bref tout ça pour dire que Transcendance n’est pas au final aussi mauvais que les derniers films cités, bien au contraire. Alors pourquoi ce bashing ? Peut-être parce qu’il est de bon ton de critiquer Johnny Depp dernièrement, parce qu’il est de bon ton aussi de descendre les flops au box office (oui c’est toujours plus facile de se ranger du côté du gagnant). Mais surtout parce que les critiques attendaient au tournant le premier film de Wally Pfister, le génial directeur photo de Christopher Nolan. Eux qui encensaient The Dark Knight Rises (qui est pourtant l’un des pire film mettant en scène le héros masqué) ont enfin vu dans la réalisation Wally Pfister, les gros défauts du film Nolan. A savoir des scènes d’action assez mal filmées, de grosses facilités scénaristiques, et un montage souvent assez lourd.

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Bon finalement que vaut vraiment Transcendance ? Ce n’est évidemment pas un chef d’œuvre mais le film se laisse regarder agréablement. Johnny Depp est plutôt dans la retenue et laisse jouer son charisme, c’est une bonne chose lui qui est habitué à un jeu un peu trop extravagant parfois. Le reste du casting est bon, sans plus. On retrouve beaucoup d’acteurs fidèles à Nolan comme Cillian Murphy ou Morgan Freeman, et qui sont clairement là pour encaisser leur chèque à plusieurs zéros. On peut reprocher au scénario de ne faire qu’effleurer son sujet mais pour moi le questionnement du film n’est pas le pouvoir de la technologie, c’est plutôt une réflexion sur la mort, sur comment laisser l’autre partir. Enfin un mot sur la réalisation, rien de transcendant (oui c’était facile) venant d’un technicien comme Wally Pfister. La mise en scène est assez pauvre et manque d’un réel point de vue. Même au niveau de la photographie on ne retrouve pas la patte de Pfister. Les scènes d’actions sont quant à elles inutiles et filmées avec de gros sabots (un point commun avec Nolan).

Si le film souffre de défauts dans la réalisation et dans la direction d’acteur, il reste agréable à regarder et aurait presque pu être bon si le réalisateur avait fait le choix de ce concentrer vraiment sur la relation entre le scientifique « transcendé » et sa femme. En ce qui concerne le sujet de l’évolution technologique, il vaut mieux se replonger dans d’autres classique du genre comme Minority Report de Spielberg.

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