May 22, 2018

WRC 7, le test

Après la grosse sortie de route de WRC 6 l’année passée, les studios Kylotonn avaient à cœur de se racheter et de proposer un produit séduisant capable de rivaliser avec le nouveau maître en la matière, DiRT. Ont-ils réussi à sortir de l’ornière et à recoller au pare-choc de leur meilleur rival ? C’est ce que nous avons voulu savoir en nous mettant au volant virtuel de WRC 7.

Chaque année à cette période, l’occasion nous est donnée de réveiller le Sébastien Loeb qui sommeille en nous (celui qui a été capable d’enchainer 9 sacres consécutifs, pas celui qui se trempe la barbe dans du Mennen). On a donc mis les mains dans le cambouis avec une petite appréhension car très clairement, les deux derniers opus étaient en-deçà de ce qu’on pouvait attendre d’une franchise jadis aussi glorieuse. Au final, on ne le regrette absolument pas. Chronique d’un retour en piste.

Les licences officielles et pas de Dieselgate

Ce qu’on a toujours apprécié dans la franchise WRC, c’est la présence de l’ensemble des licences officielles car cela permet d’en faire un titre collant au plus près à la réalité de la discipline. Dans WRC 7, c’est à nouveau le cas et les mordus de rallye retrouveront donc les pilotes et les répliques exactes des voitures qui composent les équipes en lice dans la compétition réelle. Petite conséquence : la quasi-disparition du constructeur Volkswagen au profit de Toyota (quasi car on peut retrouver la VW Polo R dans les voitures bonus).

Au niveau des compétitions, les développeurs nous proposent la catégorie Junior (avec des voitures moins puissantes), la catégorie WRC-2 et bien entendu, celle pour laquelle les fans achètent le jeu, la discipline reine WRC. Les rallyes proposés sont les 13 qui étaient fixés au calendrier 2017 et vous emmèneront du bush australien aux routes sinueuses de Monte-Carlo en passant par les pistes enneigées de Suède et la pampa argentine. Vous l’aurez compris, les revêtements des pistes et les conditions météorologiques feront le grand écart et ajouteront une belle variété dans les spéciales disputées. On vous invite aussi à profiter du rallye de Pologne qui disparaitra très probablement dans la prochaine édition (puisqu’il a été remplacé par la Turquie au calendrier WRC 2018).

Des sensations retrouvées !

A peine a-t-on parcouru quelques mètres au volant de son bolide que l’on constate avec soulagement le fossé qui sépare WRC 7 de son prédécesseur au niveau des sensations. Les développeurs ont su trouver un bel équilibre entre simulation et arcade et le fun n’a pas été sacrifié sur l’autel du réalisme, pas plus que l’inverse. La conduite est grisante mais impose une concentration de tous les instants tant certaines portions des tracés se révèlent être diablement piégeuses pour le pilote trop confiant. Le comportement de la voiture s’avère très différent selon la surface sur laquelle on la force à rouler et nous oblige à constamment adapter notre style de conduite. Bref, un travail appréciable (surtout quand on sait que les développeurs ont eu moins d’un an pour nous proposer le produit du pardon).

Graphiquement, on voit que Kylotonn a mis un point d’honneur à travailler les détails. On reste encore en-deçà de ce que d’autres simulations de courses peuvent proposer mais le produit demeure assez joli et bien foutu. Il n’y a clairement rien qui fera saigner les yeux.

Une carrière à la Loeb ou à la Kubica ?

Proposer un mode carrière dans un jeu de simulation sportive est généralement une bonne idée car on sait à quel point les joueurs aiment créer leur propre personnage pour tenter de réaliser un parcours sportif digne de leurs idoles. Ceci dit, celui présent dans WRC 7 est quelque peu décevant. N’apportant aucune innovation par rapport à celui de l’opus précédent, il demeure trop linéaire et très peu immersif. Il se contente de nous proposer quelques contrats et de nous faire évoluer dans les catégories au gré de nos performances et de la réussite de certains objectifs. Ça manque malheureusement de mise en scène, d’implication demandée au joueur et donc de relief. On aurait par exemple aimé devoir faire nos preuves (dont aurait pu dépendre le type de contrat proposé) ou encore pouvoir gérer notre carrière et les contacts avec notre agent et nos sponsors. Bref, on aurait aimé un scénario digne de ce nom pour ce mode pourtant apprécié des joueurs. On se consolera avec les modes de jeu en ligne et en écran splité qui sont eux, pour le coup, très réussis.

Enfin, terminons sur une petite note négative. Peut-être par souci d’un irréprochable réalisme, les développeurs n’ont malheureusement pas choisi de contourner une problématique qui ternit encore trop souvent la discipline, à savoir la sécurité des spectateurs. Lors d’une malencontreuse sortie de route, il est ainsi tout à fait possible de percuter la foule venue assister à vos exploits. Certes rien de sanglant car la voiture est automatiquement remise sur la piste au moment de l’impact (avec une pénalité de quelques secondes, s’il vous plaît) mais les développeurs n’auraient-ils pas pu cantonner le public derrière des barrières de sécurité, toutes virtuelles soient-elles ? A ce jeu-là, pourquoi ne pas ajouter des streakers nus, des effondrements de tribunes voire d’immondes chants racistes dans le prochain Fifa ?

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