Ishtar, et les Jardins de Babylone fleurirent sous nos yeux

Tous les joueurs réguliers le savent, Bruno Cathala est un nom qui pèse sur la scène ludique tant il a su convaincre par le passé avec ses différents jeux (coucou Imaginarium, Abyss et autre Kingdomino). C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que nous avons découvert sa dernière création (réalisée avec Evan Singh) : Ishtar. Il s’agit d’un jeu édité par Iello et qui va nous envoyer jardiner dans le désert. Amis joueurs, à vos arrosoirs !

La légende raconte que jadis, à l’endroit même où vous vous tenez aujourd’hui, un jardinier de la Reine tomba d’épuisement. Las de gratter inutilement le sol aride de ce désert et ivre de tristesse de ne pouvoir rien y faire pousser, il inonda le sable de ses inconsolables larmes. L’une d’entre elles, portée par une force irréelle, traversa les différentes couches de la terre jusqu’à atteindre l’autre monde. Là, elle fut recueillie par Ishtar, la déesse que l’on disait capable de faire et défaire les Royaumes. Émue par le désespoir du jardinier et par son irrépressible désir de plaire à la Reine qu’il servait, elle renvoya d’un souffle la larme vers la surface où elle jaillit en une fontaine inépuisable, à l’eau claire et porteuse de vie. En signe de gratitude, le jardinier fit le serment de créer sur ces terres le plus somptueux des jardins. C’est cet engagement que vous continuez à honorer aujourd’hui.

La force de la volonté pour vaincre l’aridité

Dans Ishtar, chaque joueur incarne donc un jardinier royal qui aura à cœur de proposer le plus beau des jardins à l’issue de la partie. Pour cela, et en partant des différentes fontaines disposées sur le plateau de jeu (modulable, s’il vous plaît), ils vont poser des tuiles végétations, récolter les gemmes qu’ils trouveront dans le riche sol du désert et, s’ils sont inspirés, ils planteront même quelques arbres majestueux.

Vous l’avez deviné, le jeu brille par sa simplicité mais également par sa profondeur. Dans Ishtar, tout est subtil (et beau, nous y reviendrons). Déjà, le choix de la tuile à poser revêt toute son importance. Une tuile vous est certes proposée gratuitement mais libre à vous d’aller en chercher une disposée plus loin dans l’ordre de choix sachant que cela vous coûtera quelques gemmes. Ensuite, c’est la pose de celle-ci qui peut s’avérer cornélienne. Gageons en effet que vous serez tentés d’agrandir vos parterres de fleurs mais il faudra aussi penser à sécuriser le contrôle de vos fontaines, à récolter un maximum de gemmes et aussi, pourquoi pas, à poser votre tuile de façon à bloquer la progression d’un adversaire trop gourmand.

Un jeu à l’esthétique digne des Jardins de Babylone auxquels il rend hommage

Au-delà de cette mécanique simple et intelligente, plusieurs choses nous ont séduits dans Ishtar. Déjà, la part de hasard qui intervient dans le jeu (notamment par la pose aléatoire des plateaux de départ et des tuiles à disposition) est assez bien dosée et offre de la variété aux parties. Ensuite, l’intégration pour chaque joueur d’un plateau sur lequel il pourra débloquer des compétences particulières est une bonne idée. A la manière d’un mini arbre de compétences (très répandu dans les jeux-vidéos), l’achat d’une capacité spéciale débloquera l’accès à une capacité plus puissante. En fonction de l’avancement du jeu, il faudra donc choisir avec soin les compétences sur lesquelles investir. Enfin, et nous l’évoquions ci-dessus, Ishtar est tout simplement superbe, à la fois dans son matériel et dans ses illustrations (signées par le toujours très talentueux Biboun). Une vraie petite parenthèse ludico-poétique.

En conclusion, Ishtar a la saveur d’un jeu simple mais pas du tout simpliste. Derrière une réelle accessibilité, il cache de multiples stratégies et, pour les plus compétiteurs, de nombreuses possibilités de blocage. Les parties sont variées et toujours disputées malgré l’environnement apaisant de son univers graphique.

Ishtar, les Jardins de Babylone, un jeu de Bruno Cathala et Evan Singh, illustré par Biboun et édité par Iello.

Nombre de joueurs : 2 à 4

Âge : dès 12 ans

Durée moyenne d’une partie : 45 minutes

Acheter Ishtar : 36,90 €

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