May 23, 2018

Dans le grand cercle du monde de Boyden

dans_le_grand_cercle_du_mondeCe livre est cool. D’accord, je vais essayer de développer un peu plus ma critique, mais ce livre est vraiment, vraiment cool. Certes, c’est une petite brique de 600 pages, certes, il coûte 23,90 euros, mais il en vaut la peine et est vraiment cool. Oui, je me répète, mais c’est pas grave, je vous dis qu’il est cool !

Pour résumer rapidement la situation, ce livre traite de trois personnages qui seront les protagonistes : Christophe, ou Corbeau selon les Hurons, qui est un prêtre jésuite qui est envoyé pour convertir des Sauvages ; Oiseau, un chef de guerre Huron et Chutes-de-Neiges, une Iroquoise qui deviendra la fille de Oiseau que ce dernier a recueilli après avoir tué sa famille sous ses yeux. Pour mieux comprendre la situation, sachez que Iroquois et Hurons sont divisés en plusieurs tribus, mais que ces deux « nations » sont ennemies et se font la guerre tout au long du livre. Ces trois personnages seront liés par une aventure au tout début, et ce lien, bien qu’assez indirect mais indéfectible, sera l’un des fils conducteurs du livre. Tout au long de l’oeuvre, nous suivons l’adaptation du jésuite dans le village, les croyances des uns et des autres, les liens qui se tissent entre les personnages, les amours, les guerres, les maladies, le commerce etc ; bref, la vie au quotidien. Et, pas une seconde on ne s’ennuie !

Boyden n’a pas seulement retranscrit avec génie l’univers et l’ambiance de l’époque, il nous immerge en plein dedans. Un univers que j’ai très peu lu jusqu’à présent, que j’ai vraiment découvert pour la première fois et, plus important, que j’ai adoré. Nous devenons plus que des spectateurs derrière un livre, nous devenons un spectateur direct des scènes qui nous attendrissent, qui nous font prendre du recul, qui nous font réfléchir, qui nous choquent. Mais, le plus fort, c’est que Boyden change de narrateur a (presque) tous les chapitres : parfois c’est Christophe qui écrit et narre en s’adressant à Dieu notamment, parfois c’est Oiseau qui lui narre en s’adressant à sa femme et ses enfants défunts, et parfois il s’agit de Chutes-de-Neige qui raconte en écrivant également à sa défunte famille. Qui dit changement de narrateur dit également changement de point de vue, de vocabulaire, d’écriture. Tous ces outils ont été manié à la perfection.

Petite précision pour les plus sensibles d’entre vous, certains descriptions de tortures sont extrêmement précises et donc assez gores. Moi-même j’en ai frissonné, mais ça m’a fait du bien. Et il n’y en a pas assez pour que cela dégoûte du livre, cela apporte au contraire un véritable contraste entre une certaine douceur présente et de la violence. Ca rend chaque scène plus saisissante.

Plus qu’un roman d’aventure, ce livre est véritablement une claque, une leçon de vie et en même temps d’histoire, car nous découvrons les coutumes de ces peuples. On ne peut qu’être admiratifs de la force des Hurons, des croyances inaltérables de chacun des personnages, et malgré tout, de leur ouverture d’esprit. On s’attache à tous ces personnages et on les quitte à regret. Mais il ne faut pas regretter la fin du livre, mais plutôt s’estimer heureux de l’avoir découvert et lu.

A nouveau, merci aux éditions Albin Michel pour cette superbe découverte.

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1 Commentaire

  1. Ping Le chemin des âmes, de Joseph Boyden – Conso-Mag

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