The Faceless, promenons-nous dans les bois tant que Billygoat n’y est pas

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Après le très bon Village Attacks, Légion Distribution nous propose The Faceless, un jeu coopératif où il n’est plus question d’incarner un monstre mais bien d’en combattre un. Pour vous, nous nous sommes donc glissés dans la peau d’enfants inconscients courageux et nous nous sommes frottés au maléfique Billygoat. Bienvenue dans The Faceless, un jeu angoissant aux petits airs de Stranger Things…

Alors que l’été touche doucement à sa fin, tout ne devrait être qu’insouciance et légèreté dans l’esprit des enfants du quartier. Pourtant, dans le cœur des gamins de la bande d’Elm Street, c’est plutôt l’inquiétude qui prédomine. Leur ami Ethan a disparu et on a retrouvé de lui que le sac à dos dont il ne se séparait jamais. A l’intérieur, les enfants y ont découvert une obscure boussole dont l’aiguille ne semble répondre à aucune logique ainsi que le journal d’Ethan où il a consigné des notes aussi mystérieuses qu’inquiétantes. Il y décrit celui qu’il nomme le Billygoat, un être maléfique qui se nourrirait de l’innocence des enfants et il conclut sur cette phrase terrifiante, hâtivement rédigée d’une main tremblante : « Si je venais à disparaître, cherchez-moi là-bas et trouvez mes souvenirs avant que Billygoat ne me transforme en un autre Faceless ». Bien décidés à sauver leur ami, les gamins suivent les indications de la boussole et atteignent rapidement une souche creuse dissimulée au milieu des bois. Ils l’ignorent encore mais ils se trouvent sur le seuil du Monde Crépusculaire, un endroit cauchemardesque dont aucun enfant n’est jamais revenu.

Un jeu à base d’aimants, c’est forcément attractif

The Faceless est donc un jeu coopératif dans lequel les joueurs vont incarner différents membres de la bande d’Elm Street. Cependant, pas de pion particulier pour les joueurs puisque leur groupe est représenté par la boussole qui va se déplacer sur le plateau, c’est-à-dire au cœur du sombre et angoissant Monde Crépusculaire. Leur objectif sera de collecter les souvenirs d’Ethan qui y sont disséminés tout en évitant de heurter un des obstacles insidieusement placés par Billygoat voire pire, de tomber nez-à-nez avec le maître des lieux himself.

Vous l’aurez compris, la clef de la réussite (et donc du sauvetage d’Ethan) se cache dans une succession de déplacements judicieux. Nous touchons là au cœur du jeu, à ce qui en fait la grande originalité. En effet, sur les bords du plateau sont installés trois figurines d’enfants devenus des Faceless par les œuvres néfastes de Billygoat. Dans chacune d’elle est placé un aimant qui fera réagir votre boussole. Le hic, la figurine de Billygoat est elle-même équipée d’un aimant et ses déplacements sur le plateau pourraient donc également affoler votre boussole.

Pour déplacer la Bande d’Elm Street, les joueurs vont jouer des cartes. Certaines leur permettront de modifier l’emplacement des figurines jouxtant le plateau et donc d’orienter l’aiguille de leur boussole dans la bonne direction alors que d’autres les autoriseront à déplacer Billygoat ou directement la boussole dans la direction de leur choix. Ils pourront également se reposer (comprenez refaire leur main de cartes) ou chuchoter, c’est-à-dire s’échanger des cartes. A la fin du tour de chaque joueur, une carte Événement est révélée et vient s’ajouter au tableau des menaces. Celles-ci auront évidemment un effet néfaste sur votre quête car elles pourraient semer un vent de panique dans votre groupe ou encore corrompre les Faceless qui jusque-là semblaient être de précieux alliés.

The Faceless, lugubre et magnétique

The Faceless nous a séduits sur différents points. Déjà, son contexte très Stanger Things se révèle particulièrement immersif et il est admirablement soutenu par une direction artistique réussie. Avec un style qui n’est pas sans rappeler Tim Burton, le maître du genre, les cartes et les quatre figurines renforcent le côté délicieusement lugubre du jeu. Ensuite, bien que pourvu de règles très accessibles, il ne manque pas de profondeur. Des capacités particulières de chaque membre de la bande aux pouvoirs que renferment les souvenirs d’Ethan en passant par le déclenchement des effets des cartes Événement, The Faceless apparaît beaucoup plus riche que ce que nous aurions pu imaginer de prime abord.

Cela dit, l’atout majeur de The Faceless en est évidemment la mécanique. Ce système de déplacement induit par le côté répulsif/attractif des aimants en fait indéniablement un des jeux les plus originaux auquel il nous a été donné de jouer. Certes, il nécessitera un certain temps de prise en main mais gageons que vous vous régalerez des petits frissons qui courront le long de votre échine lorsque vous verrez l’indocile aiguille de la boussole pointer droit vers Billygoat.

Enfin, et c’est assez rare que pour être souligné, différentes petites extensions sont comprises dans la boîte de base. Intégrant de nombreux éléments (comme un dé de frayeur, des lieux hantés, des cartes Avatar pour Billygoat et bien d’autres choses encore), elles permettent aux joueurs de diversifier leur expérience de jeu et allongent considérablement la durée de vie et la rejouabilité de celui-ci.

En conclusion, avec The Faceless, vous tenez entre les mains un jeu à la sauce burtonienne, au thème porteur et maîtrisé et à la mécanique aussi diablement originale qu’efficace. Des heures de sinistre plaisir en perspective !

The Faceless, un jeu de Martino Chiacchiera et Guido Albini, édité par Alter Ego Games et distribué par Légion Distribution.

Nombre de joueurs : 2 à 4

Âge : dès 14 ans

Durée moyenne d’une partie : 45 minutes

Acheter The Faceless : 54 €

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