UN(e)SECTE, de Maxime Chattam

A peine étions-nous sortis de l’effroi qui nous attendait dans la jolie bourgade de Mahingan Falls où nous avait conviés Maxime Chattam que déjà l’auteur français avait choisi de récidiver, nous entraînant cette fois dans un thriller sombre et menaçant. Après avoir disséqué la noirceur de nos peurs, Maxime Chattam s’attaque à celle de l’esprit humain. Bienvenue dans UN(e)SECTE…

Quand le corps d’un blogueur sans envergure est retrouvé dans un zoo abandonné de la banlieue de Los Angeles, les inspecteurs du LAPD choisissent rapidement de confier l’affaire à Atticus Gore. Amateur d’entomologie, le flic s’étonne assez vite des amas d’insectes écrasés qui parsèment la scène de crime car aucune logique ne semble expliquer leur présence. Et puis, il y a l’état du corps évidemment, réduit à l’état de squelette et pourtant toujours dans la tenue qu’il portait la veille.

De l’autre côté des Etats-Unis, à New-York, c’est avec un certain scepticisme que la détective privée Kat Kordell accepte d’enquêter sur la disparition de Lena Fowlings. Visiblement mal dans sa peau et marginale, tout laisse penser que la jeune femme a fugué ou s’est suicidée. Pourtant, un étrange message sème le doute dans l’esprit de Kat et les fréquentations douteuses que Lena entretenait finissent de la convaincre que la jeune femme est peut-être en danger.

Des camps de sans-abris de Los Angeles aux bas-fonds de New York en passant par les campagnes du Midwest américain, Atticus et Kat vont chacun de leur côté et sans le savoir démêler les fils d’une inextricable affaire qui les dépasse, qui nous dépasse tous…

Dans ce nouveau roman, Maxime Chattam délaisse quelque peu le genre purement horrifique pour nous plonger, avec le talent qu’on lui connaît, dans un polar sombre, plutôt conduit comme un roman policier où le lecteur enquête tour à tour avec chacun des deux protagonistes. Ici, l’horreur ne s’invite pas à chaque page, elle est davantage suggérée quand, connaissant l’objet du roman, le lecteur devine avec effroi ce qui se cache derrière la description d’une scène.

Tout au long du roman, les fils des deux histoires se mêlent et s’entremêlent comme ceux que tisserait une recluse brune ou une veuve noire et ils finissent par nous piéger dans une toile de suspense et de doute. Parfaitement maîtrisé, le récit est glaçant, haletant et animé par une galerie de personnages tantôt attachants et tantôt détestables. Soyez-en sûrs, UN(e)SECTE est un roman que vous ne lâcherez pas de la première à la dernière ligne et qui vous donnera (littéralement) la sensation que tout votre corps vous démange…

UN(e)SECTE, un roman de Maxime Chattam publié aux éditions Albin Michel.

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