November 17, 2018

Joyland, de Stephen King

Après son dernier livre à succès Docteur Sleep – suite de son célèbre Shining – Stephen King nous présente un véritable roman d’apprentissage, touchant et authentique, le bien nommé Joyland. L’écrivain nous entraîne une fois encore, dans un récit unique et original, comme il en a le secret. Sorti aux États-Unis en juin 2013, ce nouveau roman s’offre une sortie dans l’hexagone, pour notre plus grand plaisir. Enjoy …

Le récit s’ouvre sur Devin Jones, notre héros, la soixantaine, nostalgique, amer et malheureux. Celui-ci nous raconte, à la manière d’un long flash-back, un épisode particulier de sa vie qui l’a marqué au plus profond de son être. Nous revenons donc 40 ans plus tôt, en 1973, quand Devin, jeune étudiant de vingt et un ans fût anéanti par son premier chagrin d’amour. La responsable ? Wendy Keegan, après deux années de chastes relations, elle le jeta comme un malpropre. Suite à cette rupture ô combien douloureuse, il accepte un job d’été au poste de “Gentil Assistant” dans un parc d’attraction traditionnel, Joyland, en Caroline du Nord. Notre héros espère ainsi faire d’une pierre deux coups avec cette opportunité : oublier son échec amoureux et se faire un peu d’argent pour payer ses études à la fac. Durant la saison qu’il passe au parc, Devin essaiera de dissiper le mystère entourant le meurtre, quatre ans plus tôt, de Linda Gray, une jeune femme sauvagement assassinée dans le train fantôme et dont le spectre hanterait les lieux. C’est ainsi que notre intrépide saisonnier va mener son enquête.

Un été mouvementé l’attend, rythmé par une palette de personnages hauts en couleurs comme – pour ne citer qu’eux – la mystérieuse “voyante” Madame FortunaLane Hardy responsable de la grande roue et mentor du jeune Dev’ ou bien encore Mike, un courageux petit garçon combattant une terrible maladie. De nouvelles amitiés véritables et rencontres déterminantes seront aussi de la fête.

Même si l’enquête est un élément important de l’histoire, elle n’en est pas la clef de voûte. La vie quotidienne du jeune Devin dans la peau d’un saisonnier multitâche, meurtri par sa récente rupture sentimentale et ramené petit à petit à la vie grâce à son travail à Joyland  – mais pas que – est véritablement la pierre angulaire du récit. A la manière d’un récit initiatique, nous assistons à l’évolution du jeune homme, affrontant différentes épreuves qui le font mûrir, grandir… Notons, par ailleurs, que l’auteur a eu la bonne idée d’intégrer un vocabulaire propre et documenté en rapport avec l’univers forains, la Parlure. Pour ancrer un peu plus l’histoire dans la vie quotidienne, celle-ci intègre des références historiques et culturelles américaines propres aux Seventies. Restent quelques aspects redondants dans le récit qui font échos à ses autres œuvres, comme le don de voyance apparu notamment dans Dead Zone et Shining ou bien encore le héros venant du Maine, -patrie de l’auteur- contrée des États-Unis souvent citée dans ses histoires.

Stephen King nous permet de découvrir ou redécouvrir son sens du détail en ce qui concerne la construction de ses personnages et leur manière d’évoluer. Malgré tout, nous pouvons sentir que le format du récit ne se prête pas à une mise en place de la psychologie aussi poussée que d’habitude en ce qui concerne nos protagonistes.

Parlons de cette édition française, car la couverture nous a plutôt laissé perplexes, et ce à différents niveaux. On s’attend à un thriller bien flippant alors que le récit n’est pas dans cette veine, la quatrième de couverture nous annonce à demi-mots « des clowns qui nous ont toujours fait peur », en tournant la phrase de manière à croire qu’on les retrouvera dans le livre. Pas de chance, pas de Grippe-Sou en vue. L’illustration choisie n’est guère plus inspirée puisque s’éloignant beaucoup de la couverture américaine souhaitée par King lui-même et qui est un hommage au roman policier noir et à la culture pulp  – les pulps sont des magazines à faible coûts populaires aux États-Unis dans la première moitié du XXème siècle. Nous en sommes loin avec ce parti pris de la part de l’éditeur français.

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